mercredi 2 avril 2014

The Persuaders !






Le début de l'histoire est forcément un peu flou.
Encore que pour ce qui me concerne le commencement soit tout entier dans ce premier cru de Puligny-Montrachet rencontré alors que j'achetais des palettes, voire des avions, de fruits et légumes pour les revendre sur le marché de gros de Rungis.
Sans cette bouteille, va savoir : serais-je devenu maigre, ou gros ? Finissant moi aussi par un : "Quels gredins, que les honnêtes gens !"1 ?
Non, cette bouteille aidant, après Rungis ce fut un parcours de 4 ou 5 ans qui me menait finalement jusqu'au Centre d’œnologie de Toulouse. Et Pierre Strehaiano² en Juge Fulton, ça a de la gueule, je trouve !



Pendant ces années passées à Rungis j'avais eu plus que mes doses quotidiennes de fruits et légumes : les vitamines, les oligoéléments, tout çà ... et sans doute était ce un genre de prémonition ! Car en DNO je me retrouvais parmi une ribambelle d'étudiants tous frais sortis de telle ou telle formation, et droit dans la continuation de leurs apprentissages.
Des étudiants dont un bref calcul m'indiquait en outre que pour la plupart ils entraient en maternelle lorsque je passais mon bac.
Oh, il y avait bien un auditeur libre - cadre bancaire nouvellement retraité -, ainsi que Florence, mon exacte contemporaine en Congé Individuel de Formation, et puis deux ou trois autres vaguement plus âgés que la moyenne puisqu'ils entraient en CM1 quand je passais mon foutu bac (au Lycée Paul Gauguin de Papeete, Tahiti. Qui, joie des méandres administratives, dépend de l'Académie de Besançon). Autrement dit : pas de quoi remettre en cause l'équation globale, car même par rapport aux vieux de CM1 c'était pas gagné pour moi quand on en venait au moment où il fallait s'avaler les cours de chimie de Bergon, ou de composition chimique des vins de Jacques Bonnet ...
D'autant plus que dans les plus "vieux" il y en avait un - Frédéric - qui avait un DEA de chimie, et l'autre - Nicolas - qui, entre sa maîtrise et son diplôme d'ingénieur, commençait être sérieusement pourvu, côté diplômes.
Moi, en revanche, j'étais plutôt bon pour vendre des palettes de radis et importer des mangues guinéennes. Utilité toute relative quand on en vient au dosage du chlore ...
C'est d'ailleurs Nicolas qui, deux ans plus tard, a fini major de promo ; pour ma part je terminais dans le ventre plutôt mou du classement (bien qu'avec mention, faut pas déconner non plus).

Avec Frédéric, parti tout d'abord en production, on a fini par se perdre de vue après quelques années à se croiser de cuves en cuves du Languedoc puis de Bourgogne.
Nicolas a été plus facile à suivre, quand bien même on ne s'est plus physiquement croisés : il faut dire que Lynch-Bages et Suduiraut sont des noms que l'on retient facilement. Car lui aussi, comme beaucoup, était parti vers la production.
Pour ma part j'avais vendu mon âme aux Dieux de la levure (et un peu aussi des bactéries), en même temps, quand tu a passé 4 ou 5 ans de ta vie à trader du navet et de la fraise, ton âme ...
Non, sérieusement, je me suis éclaté pendant ces 10 années levuriennes, sans doute autant que Nicolas sur la même période. D'ailleurs, j'imagine que le jour où je me suis rendu compte que deux de mes anciens profs de DNO me citaient dans un de leurs bouquins, j'ai ressenti la même chose que Nicolas lorsque, au Grand Jury Européen, Reignac a pour la première fois mis la pâtée à une foultitude de bouteilles faisant référence !?
On a tous un genre de bâton de Maréchal.

Pour moi s'en est suivie une (més)aventure aquatique qui devait me conduire à Pauillac, là même où Nicolas Lesaint avait commencé sa carrière (ainsi que sa vie familiale si j'ai tout bien suivi !?). Carrière qu'il a poursuivie à Reignac après avoir traversé 2 rivières ... alors que je ramais sur un canal. A Reignac où il a, entre autres choses, développé son blog alors que le mien disparaissait (Pas celui ci, l'autre. Car celui ci n'a jamais vraiment eu d'existence).

A Pauillac, donc le Médoc et les primeurs.
Et 2013 présenté en primeurs, ces jours ci.
Le Bordeaux bashing est un sport qui se porte bien de nos jours, et à propos du millésime 2013 ça a atteint des proportions grandioses.
Pour autant, à l'heure où il semble de bon ton de claironner : "on ne sortira pas de 2013, ou alors si peu et encore, on est pas sûrs", il n'en est pas moins vrai qu'il y a de beaux vins en Gironde, et de beaux 2013.
Un des producteurs qui me fait depuis peu le plaisir de m'écouter (ou de faire vachement bien semblant) disait hier matin que je l'avais plus fait travailler au chai qu'on ne le lui avait jamais demandé auparavant. Je ne sais pas si c'est vrai ou pas, en tous cas je les aime bien, lui et son vin ... et cette année, oui : il fallait y bosser, au chai ... comme il avait aussi fallu bosser à la vigne. Et pas qu'un peu !
On pourra d'ailleurs se plonger dans le blog de Nicolas pour s'en persuader

Quoiqu'il en soit : cette année je me suis adonné avec une relative parcimonie à l'exercice des primeurs, avec parcimonie ... mais aussi avec quelques variations par rapport aux années antérieures. Des variations essentiellement liées à la présence vinicole de ma (seconde) fille, à Bordeaux (Nicolas n'en a qu'une, de fille. Tout n'est donc pas 100% raccord).
Variations par exemple avec le Grand Cercle qui, il est vrai, proposait un beau programme hier soir, à la Bourse. Entre autres avec les vins de Nicolas.
J'avoue fort peu connaître Reignac, c'est donc aussi pour ça que je suis allé à la Bourse (retourné à la Bourse, puisque j'y étais la veille pour les Graves).





Pas de bol : hier soir je prévoyais de sortir ma fille alors que Nicolas gardait la sienne (décidément ...)

 


Vraiment pas de bol : son Grand Vin était à sec !
Toutefois, il restait son blanc, ainsi que son Balthus pour cette rencontre par procuration.




Son blanc ?
Une (très) jolie quille expressive, équilibrée, en finesse mais avec ce qu'il faut d'ampleur. Bien loin des tristes caricatures fluettes et boisées.
Balthus ?
J'avoue avoir du mal avec les vierges prépubères et ambigües, pour autant ce Balthus là est plutôt du genre camionneur en ballerines ! Grosse matière, belle expression : beau bébé bien bâti. Le genre dont la puissance et la musculature n'empêchent pas de sentir qu'il a été touché pas la grâce. On en reparlera dans quelques années !

Le Grand Vin ?
Le Grand Vin, on verra plus tard ...



(sinon on a tous les deux des chats)
(et une très légère différence taille)
(puis hier soir j'ai aussi goûté le vin de Stéphany Lesaint)



1Victor Hugo dans : "Le ventre de Paris", dernière phrase.
². En 1996-98 Pierre Strehaiano était le professeur de microbiologie et le responsable du Diplôme National d’œnologue de Toulouse ... et avait, tout comme le juge Fulton, de fort belles moustaches !

 

2 commentaires:

  1. Décidément André, il faut vraiment que tu écrives plus souvent, tu viens de m'apporter un bel air frais de nostalgie de notre vie étudiante toulousaine... Pour le Grand vin, t'inquiètes pas et surveilles ta boite aux lettres dès que tu m'auras donné ton adresse...

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    1. Tu sais : j'ai passé beaucoup de temps à écrire tel ou tel truc qui me passait par la tête. La plupart a été détruit, perdu, donné, et l'essentiel du reste n'est pas publiable.
      Il y a quelques années, j'ai presque totalement arrêté l'exercice, au moins parce que pour écrire il me faut l'envie, le sujet, et l'angle d'approche ... or il ne m'est pas toujours aisé de rassembler ces 3 conditions (et quelques autres plus ou moins anecdotiques). D'autant que certains des trucs que j'avais écrit il y a une dizaine d'années me font souvent beaucoup rire (je traquais alors l'absurde dans une vie si sérieuse) mais que je serais aujourd'hui incapable de les écrire (de les écrire comme çà, ou de les écrire tout court).

      Là, suite à nos échanges, il y a eu un déclic sur "the persuaders!", donc voilà ...
      Ca t'a plu et rappelé de bons souvenirs ? tant mieux ! vraiment. Et merci pour ton coup de main !
      Et, pour tout te dire (non, pas mon adresse que je t'enverrai par ailleurs) : il y a, du coup, eu deux autres déclics du même genre. On verra bien ce que ça donnera (si ça donne quelques chose !)

      (Ah; aussi : j'ai vu qu'il y a quelques "like" facebook juste au dessus ! Alors : merci à ceux et celles qui les ont mis. Vu que je ne sais pas comment les identifier je les en remercie ici et en bloc)

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