jeudi 7 août 2014

Buvons un coup, buvons en deux


Tariquet
ça remonte à un bail, pas le Domaine lui même, hein ? juste ma première quille de ses vins ! (mais le Domaine aussi, tous comptes fait)

Pour moi Tariquet reste un vin de déménagement : le plus souvent c'était le Côté Tariquet, en fait (en fête aussi, des fois). Plutôt un vin de déménageur en fait, et si le déménageur c'était moi (ainsi que quelques autres) ; le déménagé c'était Laurent D.

Le Côté Tariquet c'était l'after, avec des chips et parfois aussi des cahuètes.

D'ailleurs lors de l'un de ces multiples déménagements, au fin fond de la cave farcie de bouteilles d'anthologie, on avait déniché un Côté Tariquet oublié là de longue date. Du coup on l'avait ouvert (faut pas gâcher) ... et à notre grande surprise ça avait fort bien tenu cette petite chose là.
C'était même joli, le côté Chardonnay de ce vieux Côté Tariquet


Je ne me souviens pas trop bien de quand j'ai acheté ma dernière bouteille de Tariquet, mais je suis sûr d'en avoir acheté, et pas qu'une (Oui, oui : A-C-H-E-T-E.).
En tout cas c'était y a super longtemps :
- d'une part parce que ça fait un bail que je n'ai pas rodé par là bas, or je n'achète mes vins qu'en production (ou en tous cas vraiment très majoritairement),
- d'autre part parce que dans la gamme, il n'y avait guère que le Côté Tariquet et le Tariquet Classic qui me conviennent et que ces vins, pour plaisants qu'ils soient, ne me semblent pas justifier un déplacement jusqu'au fin fond du Gers ... ni d'ailleurs jusqu'en tête de gondole du rayon vins de mon Super-marché (pourtant j'y vais souvent au super-marché : je suis un fidèle suppôt du grand capital).
- aussi parce que je suis un sale snob et que, bon, acheter du Tariquet - même pour faire de la provoc - quand tu revendique 20 ans d'oenologie ....



Pour autant j'en bois toujours du Tariquet, car on m'en propose souvent et pour de multiples raisons : par exemple parce que ça se boit bien, aussi parce que c'est facile à trouver, bien sur parce qu'on veut pas prendre de risque (ah, les fréquents : "T'as vu : il en reprend ! Il est bon ce vin, t'en rachètera") en me proposant des trucs aléatoires qui n'ont pas fait leurs preuves (or Tariquet c'est une marque. Et ça rassure les marques.), que sais je encore ?

Bref j'en bois encore du Tariquet, presqu'à l'insu de mon plein gré. Note bien : parfois j'en bois pas alors qu'on me dit que j'en bois ; en effet, combien de fois m'a-t'on, en terrasse, fourgué un verre d'une pâle copie en m'annonçant "un Tariquet" !?

Le Tariquet Classic, et ce n'est pas qu'une résurgence du passé, il m'arrive même d'en boire avec des trucs qui sortent de chez Laurent ... non : pas des cahuètes, mais bel et bien des sous-produits de l'esturgeon et/ou du caviar. Et c'est bon, tant le Tariquet, que les "sous-produits" ... ou que l'association des deux !





Bref ...
Il y a quelques jours j'ai lu - comme souvent avec intérêt - un billet chez les 5 du vin.
Un billet qui traitait de ce bon vieux Tariquet ! (pourtant, que je sache, y a pas (encore ?) de Carignan chez Grassa !?
Si le billet était à mon goût - un peu comme certains des vins de Tariquet - ce qui s'en est suivi l'était beaucoup moins (on continuera donc l'analogie puisque je suis loin d'être fan de toute la gamme des Grassa ... m'enfin je l'ai goûtée il y a tellement longtemps .... ) et est, me semble-t'il, assez révélateur d'une part de ces prises à partie que l'on trouve bien trop souvent sur le net et, d'autre part, de cette fâcheuse tendance des blogs en général - et des blogs pinardiers en particulier - à tourner en rond entre condisciples s'entrépaulant, tout en faisant monter la mayo pour tenter de transformer quelques vaguelettes en tsunami afin de gagner ses galons de capitaine au long cours ou, au moins, de surfer à peu de frais.


Ca commence ici

Conclusion : Tariquet – à qui, je ne dois rien et qui n’a rien à me vendre – est un domaine sur lequel on peu compter avec des vins (je n’ai pas tout goûté, car il y en avait d’autres) corrects et sans prétention autre que celle de faire plaisir dans l’immédiat. Maintenant, si ça ne plaît pas à certains qu’ils aillent se faire empapaouter. Je dis ça gentiment, les gars alors, c’est pas la peine de monter sur vos grands chevaux ou de me montrer vos crocs ! Et en plus, je signe…

Ensuite ?
Ensuite ....

 

 ... ensuite, ça fait des vagues ici.


Ce n’est pas uniquement une question de "petit" contre gros. Ce serait trop simple. Mais les vins que je choisis je les veux propres, bios, avec des vignerons qui ont une envie, des idées, des convictions. Dans ce cadre là, avec ces exigences là, il est difficile pour moi d’opter pour des domaines énormes.



Dans un Domaine énorme il n'y aurait donc pas de vigneron ou, en tous cas, pas de vigneron avec envie, idées et convictions ? ni de vin bio ou propre  ?

Note : je sais pas bien ce que ça veut dire, ici, un vin propre ... mais ça a l'air bien. Et il semblerait qu'à Tariquet ce ne le soit pas, propre.
Quant à savoir sur quoi repose ce jugement (à part le fait que Tariquet est gros, donc fatalement suspect ...) ... mystère !?
D'ailleurs, je me demande bien à partir de quel moment Tariquet est devenu assez gros pour que les Grassa perdent ipso facto envies, convictions et propreté ...

(Forcément dans le texte y'a une référence au Coca-cola®. On pourra donc probablement se réjouir d'avoir échappé au Roundup®, ainsi qu'aux OGM ...).

 ... mais aussi par là,

En effet, s'il n'est pas crédible de condamner Tariquet sur l’autel d'un certain bon goût (car en toute objectivité, les produits sortant de ces usines ne sont après tout pas si mauvais), c'est bien cette impression de standardisation du goût s'affranchissant de toute empreinte affective ou morale qui pose problème. Alors non, quand on boit un verre de Tariquet on ne croque pas la pomme d'un éventuel pécher originel, mais tout de même...


Les grands (gros ?) mots sont lâchés :
- "usines",
- "standardisation du goût",
- "s'affranchissant de toute empreinte affective ou morale"
... avec une pseudo concession en forme de "ne sont après tout pas si mauvais".

Bref : on peut (on doit !?) condamner Tariquet, non pas sur l'autel d'un certain bon goût (quoique ...), mais bien au nom de principes "affectifs ou moraux".
Ben tiens !

Et la marmotte elle fait quoi, elle vendange à la main ?
non : elle boit bio et nature !
Mais c'est pas incompatible
(Ce qui me remet en mémoire ce lointain passé d'un visiteur ne s'intéressant à mes vins qu'à la condition expresse qu'ils soit bios, BioD ou nature. Regrettant même que ce ne soit ni un critère de choix, ni un affichage ostensible. Solitude ...)




... et ça se poursuit avec un avis de tempête dans ce coin là.


Le Tariquet est à l’industrie viticole ce que la Coca Cola est à l’industrie de l’agroalimentaire. Un produit massifié, ‘maspérisé’, standardisé fait à partir d’une viticulture industrielle sur des terroirs inadaptés à la production de vin tranquille de qualité et élaboré suivant une recette de pâtisserie où chaque ingrédient est pesé au trébuchet, ce qui a conduit, un jour, un maître de chai d’un grand domaine australien à dire que le vin qu’il produisait s’apparentait plus à une boisson alcoolisée à base de raisins qu’ a du vin. Tariquet est une marque qui ne doit pas son succès à la qualité du produit mais à un marketing classique de l’agroalimentaire. On fait et on vend du Tariquet comme on fait et vend des savonnettes. Il n’est pas inhabituel pour le marketing de produits de l’agroalimentaires de recruter des prescripteurs pour quelques piastres ou avantages en nature.Peut-être Michel Smith fait-il partie de ceux là ?

Défendre ce type produit revient à cautionner de facto, toute l’industrie de l’agroalimentaire et la falsification des goûts qui en résulte ainsi que l' addition de tous les édulcorants, les exhausteurs de goût et toutes les autres substances dont on sait aujourd’hui qu’ils sont la cause de maladies chroniques qui sont en train de mettre les systèmes de santé du monde en grande difficulté.



Là on confine au grandiose ! passons sur le rappel Coca-cola® - qui est un genre de tarte à la crème -, et allons droit aux morceaux de choix  :


- des terroirs inadaptés à la production de vin tranquille de qualité

Les vignerons gersois de tout poil (et ceux qui boivent leurs vins) apprécieront.
- chaque ingrédient est pesé au trébuchet 

Oui, un peu comme quand on déguste tout un chai afin de trouver puis faire le bon assemblage (au pouième près) ou, d'une façon générale, à chaque fois que tu essaye de faire bien, et précis (bien et précis ... donc pas vraiment le genre qui nous est, là, donné à lire).


- Tariquet est une marque qui ne doit pas son succès à la qualité du produit mais à un marketing classique de l’agroalimentaire. On fait et on vend du Tariquet comme on fait et vend des savonnettes.
C'est super mal, le marketing. Les marques aussi d'ailleurs.
Un peu comme la pub mais en moins pire.
Enfin j'imagine que ça dépend pour qui et quoi on fait de la pub, car quand t'as un truc à vendre et que t'en fais la pub, là c'est bien. D'ailleurs quand c'est pour toi personnel et privé, ben tu fais pas de la pub : tu fais de l'information (et tu contribue à sauver le vaste Monde de l'industrie malveillante).
Nuances.



- Il n’est pas inhabituel pour le marketing de produits de l’agroalimentaires de recruter des prescripteurs pour quelques piastres ou avantages en nature.Peut-être Michel Smith fait-il partie de ceux là ?
Défendre ce type produit revient à cautionner de facto, toute l’industrie de l’agroalimentaire et la falsification des goûts qui en résulte ainsi que l' addition de tous les édulcorants, les exhausteurs de goût et toutes les autres substances dont on sait aujourd’hui qu’ils sont la cause de maladies chroniques qui sont en train de mettre les systèmes de santé du monde en grande difficulté.


Là ça confine (et ça fait même un peu plus que confiner, et en ne faisant pas que dans la finesse ...) à la calomnie, au mensonge éhonté et à la discussion de fin de soirée au comptoir du Café du Commerce (équitable).
Ce qui fait quand même beaucoup à la fois.

Pour autant j'aurais aimé avoir plus de précision sur les dites substances, ainsi qu'à propos de la falsification du goût et autres fariboles : notre "ami" semblant en effet avoir une connaissance approfondie des process œnologiques et de leurs dangers en général, et à ceux de Tariquet en particulier ...



Bref c'étaient mes 10 cents (et pas un rond de plus, car ça vaut pas plus ... et sans doute même bien moins) sur un  sujet qui m'a finalement donné en envie d'aller boire un coup ou deux de Tariquet, et ce sans attendre la fin du mois d'Août.
Et merde pour le Roi d'Angleterre.




  Le trente et un du mois d'août
  Buvons un coup, buvons-en deux
  A la santé des amoureux,
  Buvons un coup, buvons-en deux
  A la santé des amoureux,
  A la santé du Roi de France
  Et merde pour le Roi d'Angleterre,
  Qui nous a déclaré la guerre !








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