samedi 6 septembre 2014

J'etais oenologue conseil (Saint - Christoly / 2 : Vignobles Peyruse)


C'est Nicolas M. qui nous a mis en contact ou qui, du moins, a servi de catalyseur lorsqu'il a conseillé à Sébastien de venir au Labo, et - semble-t'il - de veiller à y avoir affaire avec moi.
C'est le genre de truc qui fait plaisir, mais qui met aussi un peu la pression. Juste "un peu", un peu plus, car la pression tu l'a forcément dès lors que tu entre chez des vignerons et que tu te mets en tête de comprendre ce qu'ils sont, ce qu'ils font, ce que sont leurs projets, leurs terroirs et leurs vins puis d'envisager comment tu peux t'intégrer là dedans.

Puisque j'y suivais déjà 3 autres producteurs, j'avais déjà un peu rodé sur Saint-Christoly et connaissais la plupart des terroirs où sont plantées les vignes de Peyruse (sauf pour la partie qui est sur Civrac).
Je savais donc que leurs vignes se trouvent aux bons endroits du secteur, la croupe de Castillon, par exemple.


En revanche, je ne connaissais pas leurs vins.

Ca a vite été réglé puisque peu après la recommandation de Nicolas, Sébastien est passé au labo et que j'ai donc pu les goûter.

"Peu après", car il faut dire que le surnom de Sébastien c'est : "le bolide"




© Philippe Roulier








(mais ça n'a pas grand chose à voir avec le vin, car pour le vin on prend le temps).





Et puis il y a eu le lieu.

Et c'est tout simplement le plus bel endroit du Médoc.




Et ce n'est sans doute pas pour rien dans le fait que les Peyruse (enfin surtout Laure) y développent avec succès une offre oenotouristique variée



Tout autour : les vignes

20 08 2014




... et au milieu le chai, chai où l'on trouve parfois trace du long passé  du lieu :




Et les vins ?
© Philippe Roulier
 Les vins ?

Un rosé : La tentation de Castillon
Rigolo, cette année, avec son côté friandise.
Couleur rose assez soutenu. Nez de petits fruits rouges et bonbon. En bouche très rond, très aromatique. Une aimable friandise
(on pourra, selon les moments de consommation, regretter qu'il n'ait pas un poil de vivacité en plus. Mais à l'apéro ça passe super bien et c'était l'idée)


Contraste saisissant avec le rosé des voisins, au Clos Manou, car on est là dans des registres radicalement différents.
En outre, les Dief et le Clos Manou, j'en parle là.

(Oui : à gauche c'est Laure Peyruse avec La Tentation de Castillon, et à droite c'est Sébastien Peyruse avec le rosé de Manou ... on n'est pas sectaire, dans le coin.)

                              


Et puis des rouges :

Château Tour Castillon (le Cru Bourgeois)


- Le 2007, goûté (bu !!) en magnum il y a deux mois de ça était splendide (comme souvent les 2007 en ce moment. Millésime injustement décrié) mais plus disponible à la vente.
- Le 2008, goûté le 20/08/2014, était à boire et ça tombe bien : on l'a bu !
- Le 2010 est très joli mais mérite d'attendre encore un peu : ça permettra de finir le 2008 !


A propos de 2007, millésime injustement décrié, on peut aussi parler de 2013 ...

Car il est bien, très bien même, le 2013 à Tour Castillon.
On verra ce qu'il donnera en fin d'élevage mais c'est déjà un beau bébé !

Pas d'erreur : je ne dis pas que 2013 est un immense millésime. Juste que Bordeaux bashing et le 2013 bashing auxquels nous avons eu droit dans une bonne partie de la presse et la blogosphère est parfois totalement hors de propos.
J'en parlais précédemment avec le Château de Reignac
et, dans un registre différent (mais aussi beaucoup de Merlot), on peut faire le même commentaire avec Tour Castillon

Bien sur ce n'est pas le cas général, bien sûr il a fallu bosser - et Sébastien a bossé -, il n'empêche : il y a et il y aura de beaux 2013 (mais ce en sera sans doute pas la majorité, on est bien d'accord).


Ah, sur le fait d'avoir bossé en 2013, et en particulier Sébastien : ça me remet en mémoire une discussion début avril 2014, lors de la présentation des primeurs.

Nota :

sur l'exercice des primeurs en général et, là aussi, le primeurs bashing, il y aurait bien des
© Philippe Roulier
choses à dire. Peut-être y reviendrais-je ailleurs, plus tard même si, bien sûr il y a au moins une part de vérité (mais pas que !) dans pas mal de remarques faites ici ou là, par exemple chez les 5 du Vin.

Bref : une discussion avec Sébastien lors des présentations en primeurs.
Il me disait alors son plaisir d'avoir bossé ensemble sur ce 2013 difficile et envisageait très positivement l'avenir de cette collaboration. Il ne savait pas, alors, que j'avais démissionné un mois plus tôt - et je ne pouvais pas encore le lui annoncer (pas plus que Nicolas M. ne pouvait le faire, alors qu'il participait à la conversation et était, du coup, un peu gêné aux entournures sur ce coup là ...).

Désolé Sébastien : mais, même si c'est important, je ne pouvais ni ne peux gérer mon devenir professionnel uniquement au travers du plaisir que j'ai, moi aussi, à travailler avec tel ou tel ...
(en même temps ça me permet, aujourd'hui, de faire cette série des "j'étais œnologue conseil"...)


Château Moulin de Taffard

Moulin de Taffard
c'est l'autre rouge.

Je dis bien l'autre rouge.
Et pas autre chose : un jour je m'étais risqué à parler de second vin et m'étais alors fait reprendre par le patriarche.

Il a pas le physique du type qu'il est judicieux d'énerver, le patriarche ... donc l'autre vin.





Là aussi, dernière dégustation le 20/08 pour :

- le 2012.
Couleur intense, d'un rouge rubis encore bien jeune.
Nez de fruits noir avec notes épicées.
Bonne structure, de la sucrosité.
A mon goût il faut sans doute 2 ou 3 ans de plus pour gagner encore en harmonie et complexité, même si ça se goûte bien là, maintenant.
- le 2013
Nez fin de fruits noirs et d'épices. Bonne structure, de l'équilibre, avec une belle fraîcheur et une finale déjà charmante.
Il ne faudra peut être pas trop pousser l'élevage pour rester sur ce (joli) style.


© Philippe Roulier




Aussi, en bien plus confidentiel, il y a La Révélation de Castillon
On est là sur un élevage long et plus marqué, on tire vers les extrêmes. Alors ça s'attend.


J'ai du 2009 en cave ... d'ici quelque temps je finirai bien par en ouvrir et en reparler (la précédente bouteille c'était il y a trop longtemps pour que, sans note, je m'en souvienne correctement ... et puis à ce stade c'est prématuré !).










(note personnelle pour le patriarche :
- mes photos c'est avec un EOS 7D (Canon) et soit le 70-200 à f4 de Canon, soit le 14mm à f2.8 de Samyang.
- celle de Philippe Roulier c'est avec le 5D et le 24-70 à f2.8, toujours chez Canon)






Sinon :
le site internet des vignobles Peyruse

le site de Wine Inn Tour



Pour finir, comme d'hab (car on n'est jamais trop prudent) :
A consommer avec modération car l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

En outre : les photos ne sont donc pas libres de droits (sauf pour les Peyruse, ça va de soi).

1 commentaire:

  1. En suite à ce billet, Sébastien me dit, par ailleurs :
    "Après 2 médailles d'argent, une d'or, une étoile dans le guide Hachette tu as eu raison de changer ça va être dur de faire mieux ..."
    Au delà du fait qu'une étoile dans le guide hachette c'est quand même le minimum syndical (mais je fonde de grands espoirs sur le 2013 ! Franchement ce vin là me semble être largement au niveau par lui même ... alors quand en plus on rode un peu autour pour voir les autres 2013 ....), c'est sympa les médailles et les étoiles. Mais, finalement, ce qui reste c'est de voir les gens boire le vin, de le boire soi même et de se dire que ce qu'on a contribué à faire c'est bien.
    Ca vaut pas mal de médailles ce sentiment là ...

    (Ceci dit, j'aimerais vraiment bien que le 2013 s'en ramasse un paquet de médailles et étoiles ...)

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