Vino Allégresse

 
Quand je bois un vin, je ne peux m'empêcher de l'associer à celui ou ceux qui se cachent derrière, plus ou moins visiblement. Ainsi je trouve régulièrement des mérites à des quilles certes perfectibles mais issues du travail et de la passion de gens charmants et/ou intéressants, alors que je recule devant l'obstacle de vinificateurs psychopathes et/ou prise de chou.
Je revendique la subjectivité ... qui me surprend toujours lorsque, dans un soudain accès d'honnêteté intellectuelle, je goûte à l'aveugle plus découvre ensuite l'identité des bouteilles et c'est parfois contrariant ...

 
Aujourd'hui, j'abandonne mes bottes Aigle (r) d'ex œnologue conseil pour chausser mes chaussures coq sportif de blogger spécialisé dans la picole et prêt à enquêter jusqu'au fond des bouteilles (surtout celles qui me plaisent)

Bref ... toute ressemblance entre cette entrée en matière ronflante et le début d'un "documentaire" qui vient de faire le buzz ne serait pas complètement fortuite.

Tout ça pour dire que ça y est : hop, pendant que le dit docu passe sur FR3 et que les avis s'opposent, moi j'organise (et surtout participe à) une verticale de Reignac dont l'idée est apparue suite à mes retrouvailles avec Nicolas Lesaint.



C'était le bon choix je crois cette dégustation ...
Le chat aussi était bien choisi. C'est vachement mieux que 2 poules, 1 chat ! (bon, allez, c'est promis : j'arrête avec les références plus ou moins fines - plutôt moins - à Vino Business : ça commence à bien faire)
A propos de "bon choix" : les fromages aussi ont été bien choisis. Peut être parce qu'il n'y avait pas de mimolette ?



Les vins ...
2004
Robe rubis de belle intensité, notes tuilées.
Le nez est expressif, compoté, plutôt riche.
La bouche est ronde, bonne structure, on est surtout typé griotte et pruneau, avec une finale sur les épices douces. Petit côté alcooleux en milieu de bouche et en finale.
Faut pas la rater cette quille là : à l'ouverture il était un peu décevant, 1 heure après il a fait un carton ! mais en fin de soirée la bouteille en vidange et bien tapée, la chaleur en plus : il commençait à partir vers le vernis.
Clairement pas la bouteille à carafer, mais une oxygénation modérée lui a fait le plus grand bien.
Bien aujourd'hui (même si je préfère mes vins un chouia plus jeunes) et sur plusieurs années encore, pour qui aime les vins à maturité.
C'est le vin n° 1 pour 3 des 8 dégustateurs (la 9ème est enceinte et les femmes enceintes c'est un peu comme les viticulteurs et les pesticides quand il pleut : elles ont une excuse toute trouvée pour pas faire comme tout le monde)
Epuisé au Château

2007
Belle couleur rubis intense.
Au premier abord le nez est réduit puis avec l'aération vient le boisé (joli) puis les fruits noirs et la réglisse. C'est pas bouleversant mais ça fonctionne bien.
En bouche j'aime beaucoup en revanche : ample, rond, joli fruit, tanins fondu, finale douce malgré une trame acidulée.
A boire là maintenant tout de suite c'est remarquable, comme beaucoup des 2007 que j'ouvre depuis presqu'un an. Ca peut attendre, bien sûr, mais c'est pile poil comme çà que je les aime.
C'est le n°1 pour 2 des 8 participants.
Disponible au Château (19 €)

2008
Très concentré et d'une belle jeunesse il est carrément verrouillé.
La matière est belle, tout comme la structure. Joli fruité en bouche. Finale un peu sèche du fait de la trame acidulée et des tanins qui dépassent un peu.
Va falloir l'attendre celui là. Du coup personne ne le met en N°1.
A revoir ...
Disponible au Château (19 €)

2009
Noir, mur, concentré et de très bel équilibre. Belle expression du Merlot. Encore un peu ferme en fin de bouche.
Un très beau vin à attendre sagement et patiemment.
2 sur 8 le mettent en N°1
Disponible au Château (22 €)

2010
A l’œil ça annonce la couleur (facile, je sais, mais je ne recule pas devant la facilité)
Au premier abord le nez est cadenassé. Ensuite viendront fruits noirs, et un chouïa de réglisse (en clair est sans décodeur : le boisé est d'ores et déjà bien intégré, contrairement à ce que j'ai pu lire de ci de là)
Très concentré, dense, mais déjà rond et gourmand. Encore austère ce n'en est pas moins équilibré, malgré la puissance. Puissance car il y a visiblement (ou alors je suis une truffe, ce qui est une hypothèse plausible) une recherche de maturité et de puissance. Elles y sont, avec ce qu'il faut d'équilibre, même si on n'a pas la fraîcheur observée sur les millésimes antérieurs.
A attendre, forcément !
1 sur 8 le met en n°1 (j'ai respecté ma propre consigne en mettant le 07 en 1 ... pour autant il est clair que sur le potentiel plaisir je mets le 2010 en 1 mais, au jour de la dégustation c'est le 07 qui me convenait le mieux).
Disponible au Château (21 €)


2011
Noir à l’œil, (fruits) noir au nez (depuis la cerise jusqu'au cassis, on passe la série en revue avec toujours cette pointe de réglisse, et les notes épicées). Toutefois, le bois est encore présent : il faudra attendre qu'il se fonde plus et mieux.
Belle et longue finale avec, cependant, cette fraîcheur plutôt plaisante même si elle rend la finale encore un peu sèche. A attendre.
Disponible au Château (20 €)


(pour mémoire, le 2012 est actuellement - pendant les foires au vin - à 15.99 au Château (c'est bien) ou chez Leclerc (c'est moins bien))

Sinon pour le moment je n'ai qu'un retour des autres participants. Gageons que ça fera bouger le reste de la troupe (ou pas) :



Sinon, il faut aussi s'intéresser à la vision d'Eric Bernardin

Commentaires

  1. Merci André pour cette dégustation. Cela a confirmé mon gout pour les vins plus agés..
    Ce type de dégustation est très intéressant et m'a permis d'apprendre à mettre des mots sur le gout ressenti en bouche et l'odeur…Un grand merci et vivement ce soir !

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