samedi 3 janvier 2015

Ce Mouton était encore un agneau ...



D'une certaine façon, à 18 ans ce Mouton était encore un agneau : t
out jeune dans sa robe toujours rubis.
Peut-être aurait-il pu attendre ?
Sans doute même !

Riche et concentré, le vin n'en est pas moins sur l'équilibre et l'harmonie.
Alors je l'aime comme ça tant il est déjà accessible et, tout simplement, très bon.
J'ai en outre déjà avoué mon peu d'intérêt quand on en vient aux vins âgés (du moins quand ils ne sont pas liquoreux (ou Porto)), car j
e n'y trouve généralement que peu de plaisir sensoriel, tout au plus un intérêt intellectuel, au travers d'un questionnement du genre "tiens comment ça a tenu !?".

Ici le plaisir n'est pas qu'intellectuel même si les occasions de se plonger dans un Mouton ne sont pas dans mes habitudes pinardières et qu'il y a donc, bien sur,
cette envie d'aller voir comment c'est, finalement. Le prendre pour ce qu'il est : du vin.
Du vin ? oui.
Très beau nez, dans la complexité et la finesse : encore du fruit, aussi un agréable cuir noble, un boisé parfaitement fondu et intégré, ...
Forcément une superbe matière dans la douceur; et ce malgré la structure.
Bien sur extrêmement long.

Bon après c'est toujours pareil : ces circonstances - un réveillon - ne sont pas les plus adaptées a la dégustation et au commentaire. Elles sont, en revanche, fort bien adaptées au partage et au partage du plaisir !

 
Disons donc l'essentiel : que c'était juste très bon.

 


Il y a eu quelques bricoles avant.
De bon aloi, les "bricoles" : depuis le jambon espagnol jusqu'au caviar aquitain, en passant du Champagne au Sancerre.
Simple et bon, toujours.
Puis un foie gras de canard, mi cuit (oui : LE foie gras mi cuit). C'était un bon moyen d'aller vers le Mouton, ce foie gras : je maintiens le plaisir des rouges puissants mais arrondis avec le foie gras. C'est un beau mariage de raison qui soutient la douceur et l'aromatique du foie sans sombrer dans les grosses pommades infligées par bien des liquoreux. Et puis même si le liquoreux est grand (et il y en a !) quand tu as entamé avec çà, comment finir dignement le repas !?


En même temps, après un Mouton - Rothschild (y compris 1996), la suite du repas appréhendée du côté des liquides ...



Pourtant, ensuite il n'y avait pas d'agneau, même typique
de Pauillac.

Pas de bécasse non plus, même aveyronnaise. Ou alors seulement décorative.

Faire simple et bon, encore une fois : alors un poulet fermier à la broche (et au flambadou) et une purée truffée.





Peut-être était il encore un peu jeune, le Mouton, pour jouer complètement avec les truffes ?
Peut-être.


En tous cas, le lendemain il en restait juste assez pour y revenir après une longue nuit en vidange.
Y revenir en guise d'apéritif, le palais peut-être pas plus affuté que la veille mais toujours aussi curieux.

Peut-être l'ais je préféré alors, lui trouvant plus de profondeur ... sans doute parce que la veille, le 31 décembre, on était encore en jour fruit alors que là, le 1er janvier, on avait basculé sur un jour racine.
Racine
, donc profondeur !
C'est évident.
Enfin, c'est surtout évident que ça a pas fini de me faire marrer, ce genre de fariboles !

"Peut-être" car il y avait encore le plaisir de la veille et déjà la conscience de la fin. Difficile de goûter ce genre de vin de façon neutre, étiquette découverte.
Mais l'étiquette s'oublie finalement assez vite, ou du moins s'efface devant le plaisir donné par ce vin et par le moment de partage.

Le vin est, avant tout, fait pour ça.
Ou devrait l'être.

Bien sur c'est à consommer avec modération. Car l'abus d'alcool nuit à la santé.
Oui, même Mouton Rothschild, superbe vin et superbe Pauillac.

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