jeudi 29 janvier 2015

Earley


17 ans de vie commune.
Avant il y avait eu sa mère, et sa mère était un genre de garce. Je ne me souviens pas avoir connu son père.
17 ans ...
17 ans de vie commune avec, il faut bien le dire, quelques moments difficiles parfois. Mais globalement ça se passait plutôt bien, sauf bien sur quand nous faisions de longs trajets en voiture ou naturellement lorsqu'il lui prenait l'envie, de préférence la nuit ou au petit jour, de me lécher l'oreille ou, pire, de me la mordre.

17 ans, peut être même 18 ?
Oui : c'est de toute évidence l'être vivant de sexe féminin avec lequel j'ai eu la plus longue période de vie commune !
17 ou 18 ans car je ne sais plus bien si elle est née en 1997 ou 1998.
Juste que lorsqu'elle est née j'étais redevenu étudiant (en œnologie), et surtout que j'étais là : à réconforter sa mère.

Puis ensemble toujours, de job en job et de ville en ville : depuis les 4000 m² de terrain de la maison électrique, jusqu'au minuscule meublé de Pauillac sans jardin ni même balcon.
Cette vie commune m'a coûté quelques poissons rouges et autres crevettes d'aquarium vendues au prix d'un homard breton adulte.


Plus récemment le parc de Castelnau avec 40 ou 50 hectares de bois, des paons criards, des lapins attirants, des chevreuils bouffeurs de croquettes Purina, et puis aussi un cygne agressif et surtout Oliver Mellors : le chat des bois qui lui valut son dernier nom : la Chatte Earley.




18 ans.
Puis cette plaie à l'œil qui cicatrise mal, qui ne cicatrise pas.
Le véto.
La palpation qui décèle une grosseur anormale au niveau de l'abdomen.
Le lendemain, l'échographie qui révèle un foie complètement ravagé, ce qui conduit inévitablement à un très mauvais pronostic vital : quelques semaines au mieux.

10 jours à lui gratter la tête, derrière les oreilles, et à la nourrir de thon en boite. Puis son état qui semble commencer à se dégrader, et surtout ce long déplacement en Val de Loire qui s'annonce.
Pas envie d'abréger l'histoire mais encore moins envie, au retour de ce déplacement, de la retrouver agonisante depuis Dieu sait quand !



Étonnant - pas tant que çà en fait - comme ta réflexion par rapport à l'euthanasie préventive peut évoluer, dès lors que ton chat est concerné.


Voilà.
C'était mon chat.
Qui va salement me manquer avec ses paupières chauves, son miaulement de mouette et sa silhouette de loutre.







1 commentaire:

  1. Eh oui "Chat Teigne" comme t'appelait affectueusement ton maître, en écoutant ces petits chanteurs à la croix de bois je n'ai pu retenir une larmotte en pensant à toutes les heures que nous avons passées ensemble et où tu étais la reine !!

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