vendredi 30 janvier 2015

Vendredi du Vin #72 : Meyney, le vin que l’on peut trouver et boirepartout au meme moment


Début d'année, bonnes résolutions, et autres choses de ce genre là en forme de : "tiens si je me mettais à la diète, retournais régulièrement à la piscine et rejoignais les Vendredis du vin ?"

La diète et la piscine c'est pas encore fait, mais pour les #VDV 72, le président du mois proposait  :

le vin que l’on peut trouver et boire partout au même moment … ?
Pour un aventurier de ma trempe, le genre de gars qui est toujours sur les routes du vaste Monde : un jour à Toulouse, le lendemain dans le Médoc, parfois même vers Béziers ou à Tours, c'est un thème qui résonne.

Mondialisation aidant on peut boire à peu près n'importe quoi, n'importe où et n'importe quand. Parfois à n'importe quel prix et dans n'importe quel état, mais
c'est là un autre débat.

Alors quoi ?

Dans l'esprit du truc tel que je le comprends il y faut des volumes significatifs ... mais j'ai déjà fait, par ailleurs ma semi provoc Tariquet et n'ai pas forcément envie de parler du Rosé de Mateus.

Une limite inférieure de production annuelle à 100 000 bouteilles ce serait déjà pas mal non, même à l'échelle du Monde ?
Puis je vais bientôt quitter le Médoc pour émigrer rive droite : alors un dernier Médoc pour la longue route ?
Et, idéalement, il y faudrait une touche plus personnelle, quasi anecdotique mais personnelle malgré tout.

Médoc, 100 000 quilles et plus, avec une touche perso ?





























Meyney, je l'ai déjà évoqué par le passé : pour l'essentiel à l'occasion des présentations en primeurs du 2013.

C'est une longue histoire, Meyney.
C'est marrant les dates : 1664 est fondatrice et parle à tout le monde. Meyney aurait donc pu s'appeler 1662.
Mais si 1662 c'est donc les pères feuillants à Saint Estèphe ... c'est aussi la révolte des Lustucru. Et tenter l'accord Meyney / Lustucru ça fait un peu braire non ?  (encore que j'ai le souvenir récent d'un risotto de coquillettes au jambon blanc et aux truffes qui aurait sans doute pu coller
très bien avec le premier des Meyney qui suivent !)






La photo d'entame est tirée d'un bouquin de ma collection -
Les Grands Vins de Bordeaux -, il date de 1941 et est donc écrit en français ... et en allemand (l'édition précédente est, elle, en français et en anglais. Étonnant. Ou pas.). 
On y trouve quelques tirades délicieuses :
Certains marchés traditionnels, comme l'Allemagne - fermés pendant trop longtemps - entr'ouvrent à nouveau leurs portes. Le marché américain reprend peu à peu son importance d'avant guerre dans la proportion de nos exportations totales.
Aussi pouvons nous espérer qu'après une crise difficile notre marché d'exportation retrouvera, sur des bases évidemment plus réduites, une situation qui lui permettra de maintenir l'existence d'un commerce traditionnel et vital pour notre région.
Pour ce qui concerne plus particulièrement Meyney on observera que selon le marketing de l'époque le vin s'y fait tout seul, en grande partie grâce au travail des maçons. C'est curieux, cet attrait des maçons pour Saint-Estèphe !?


Sur ma micro histoire personnelle, Meyney est bien plus récent puisque remontant à 2011 et à mon taf d’œnologue conseil, mais aussi de labo - à Pauillac - et, de ce fait, à la rencontre avec Denis Rataud : le maître de chais de Meyney.

J'ai depuis largement contribué à la diffusion mondiale de Meyney puisque j'en ais disséminé de Toulouse à Mounès-Prohencoux, en passant par Paris.
C'est dire !

Le déclic final pour ce billet a été la récente tournée nord américaine qu'Anne Le Naour - Directrice Technique de CA Grand Cru ... et donc de Meyney - a relatée sur Facebook. Tournée qui, bien que perturbée par la tempête de neige new-yorkaise, m'a remis en mémoire l'une des photos pinardières envoyée par celle de mes nombreuses filles qui, après avoir joué à la pétanque dans la cour de Meyney, bossa à New-York pour y vendre du vin (mais pas du Meyney). 
Elle m'en a envoyé quelques photos, dont celle de ce Meyney 2009 repéré sur une étagère locale.

Partout dans le Monde.
Si, si.
En tous cas ce Monde .

Ça devrait aller pour la touche perso et mondiale !?



Du coup, en guise de préparation à ce billet avec la dite fille et quelques uns de ses potes éthyliques, on s'est fait une "soirée Meyney" autour d'un 1995 en magnum, et d'un 2008 en 75 cl.
Pas sur qu'on trouve le magnum de 1995 partout dans le Monde en ce moment même, mais le 2008 ce doit être jouable ... (en tous cas il y a visiblement du 2009 à New York ... moyennant 55 $ hors taxes par quille).




1995

La couleur est toujours rubis foncé avec, bien sûr, évolution sur la frange.
Nez expressif de truffe, de sous bois, de cuir précieux, mais aussi encore de fruits noirs macérés.
Belle bouche avec de la puissance mais beaucoup de rondeur. Très belle matière, bien fondue et équilibrée. Je n'y retrouve pas le côté rustique des Meyney plus récents, en particulier du fait de cette belle et longue finale truffée.

Y revenir tout au long de la soirée ne fera que confirmer le plaisir de boire et reboire ce vin.
Le genre de bouteille qui me donne envie d'oublier celles, plus récentes, que j'ai en cave pour y revenir bien plus tard. Oui, même moi qui n'aime pas les rouges avec de l'évolution. Je dois vieillir ... ou Meyney évolue bien ... ?


2008


C'est bien sur un tout autre gaillard. Un tout jeune.
Belle couleur intense et, donc, jeune.
Du fruit (cassis), et des épices.
Grosse structure, avec une belle matière ... et ce côté rustique en finale qui me plait tant, chez Meyney. Finale au demeurant encore puissante, mais sans dureté, et avec une longue aromatique.

C'est très bon ou du moins j'aime beaucoup là, comme çà.
Mais au vu de l'expérience juste vécue avec le 1995, je vais en oublier quelques bouteilles au fin fond de ma cave libournaise pour y revenir ultérieurement : ça doit pouvoir être encore meilleur un peu plus tard, ce 2008 !?
Ce sera d'autant plus facile d'attendre que dans la dite cave (pas encore) Libournaise, sommeille aussi un magnum de Meyney (2000) qui aidera à faire la jonction ...



Pour finir :

- Le résumé des participations par le président du mois (intégrant les liens vers les divers blogs) : 
- Le lien vers le site du  Chateau Meyney


- Et, Forcément  :

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

(En même temps, une cuite au Meyney ...)

















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