jeudi 2 juillet 2015

Un petit tour en Médoc, autour de 2013.


On l'a assez lu dans la presse plus ou moins spécialisée pour être convaincu que 2013, au moins à Bordeaux, n'est pas le millésime du millénaire, ni même celui du siècle.
Pour autant, ayant été œnologue conseil en nord Médoc lors de ce mémorable millésime j'y ais acquis la conviction que quoi que l'on en dise on y trouvera de belles bouteilles ! Bien sur pas que de belles bouteilles, et il faudra goûter avant d'acheter. Mais qui ne le fait pas ?
Moyennant quoi on pourra avoir de belles surprises.

Un passage éclair en Médoc m'a permis de m'en convaincre à nouveau et, aussi, d'honorer une vieille promesse.

La vieille promesse c'était à Martial Mignet.
L'Argilus du Roi, autrement dit.
Nous nous étions agréablement croisés au labo où je bossais alors et où il faisait faire le suivi analytique de ses vins. J'ai donc eu l'occasion de goûter quelques cuves de ci de là, et de commenter et signer les bulletins qui allaient avec.
Nous nous étions croisés différemment lors du Saint Estèphe tasting, à Bordeaux, le 13 février 2014. Ma fille avait alors eu la joie d'être photographiée et publiée dans Terre de Vins (non, je ne suis pas assez cruel pour mettre la photo), et moi celle d'y goûter quelques beaux flacons, dont l'Argilus du Roi (2011).
Martial Mignet avait alors été étonné que je ne l'ai pas déjà goûté (une occasion s'était pourtant présentée peu de temps avant ... mais c'est une autre histoire).
D'ailleurs, c'est dommage que je ne l'ai pas goûté avant car je lui avais trouvé un joli nez de fruits noirs (cassis), des notes d'épices, presque de garrigue avec une bouche structurée mais aux tanins suaves. Un joli vin, quoi.

Bref, je viens enfin de passer à l'Argilus du Roi.
 


Au chai de l'Argilus du Roi, chai devant lequel se trouve un olivier.

Un olivier ? Forcément l'explication de ce côté quasi provençal que j'avais trouvé au nez du 2011.
Oui, bon ...

Jolie vue depuis cette croupe.




Petit chai fonctionnel à côté duquel se trouvent les stocks : 2007, 2008, 2010, 2011 et 2012 sont encore à la vente (compter grosso merdo 20 € la bouteille).
Dans 2 gros mois 2013 sera mis en bouteille et les rejoindra.

Chai au dessus duquel se trouve le bureau où trône une bouteille de 2007. Ca tombe bien : c'est un 2007 que j'avais dans le verre.
2007 est un millésime décrié qui, pourtant, se goûte très bien depuis quelques années.
Ce 2007 là ne fait pas exception à la règle et il est, pour moi, à son apogée. Robe tuilée à la frange, qui commence à virer au cœur. Nez fin, bouqueté. Trame tannique satisfaisante, fondue et harmonieuse. On n'est bien sur pas dans la puissance, mais avec un bon équilibre sur une jolie matière.

Sur la même appellation et le même millésime je reste tout de même fidèle à ce cher vieux Meyney qui se boit si bien, mais l'Argilus est une option valide.


Retour au chai pour goûter le 2013 sur cuve.

Belle couleur, de bonne intensité. Nez fin, précis, marqué par le fruit (léger boisé qui vient soutenir le fruité sans l'écraser ni le masquer. Bien géré, quoi !). En bouche c'est friand, rond, avec une aromatique plaisante et une fraîcheur sans agressivité. Jolie finale.

Beau vin de plaisir à boire sur les 5 ou 6 ans à venir ... en attendant le très beau 2010 (dont j'ai ramené une caisse pour mon fond de cave).



Il ne restait plus qu'à pousser un peu plus au nord, à Saint Christoly.






Un vélo, une caisse de 2012 à ramener vers Saint Emilion, un plat de moules accompagnées du joli rosé de Manou (2014).
Sympa ce rosé : belle couleur pâle, nez de fruits et de fleurs, jolie vivacité sans agressivité. Je le préfère au 2013 qui avait plus un air de "rosé de table" (14 volts et une très légère pointe oxydative dans un style réussi mais qui me parle moins que l'efficace simplicité du 2014).


Je suis reparti avec une bouteille de 2013 du Clos Manou, pour voir.
Ca a rapidement été vu. Enfin, bu surtout.






Ca deviendrait presque fatigant les vins réussis, à Manou.
Parce que fatalement ce 2013, les Dief l'ont réussi.

Très belle couleur : soutenue, profonde, intense, jeune.
Nez de fruits noirs et de fleurs (une violette très marquée qui, soudain, explose au nez !). Léger boisé. On n'a, visiblement, pas élevé ce Clos Manou comme à l'ordinaire.

En bouche c'est très rond, ample, profond. Bien sur très net et très suave. Beau vin dès aujourd'hui !

Très belle réussite dans l'absolu, et dans le millésime en particulier.
Ca reste un millésime d'attente, il n'en reste pas moins que c'est avant tout un très beau vin.
Avec les commentaires de Daneil Sériot.





Le lendemain je revenais en Médoc pour y goûter quelques Moulis, en 2013 là aussi.

Globalement belle réussite. De la matière, du fruit, des élevages intelligents.
Jolis vins.
Sur 8, l'un était monté un peu léger, et deux avait une acidité faisant ressortir une pointe d'amertume un peu gênante en finale ... mais sans rien de rédhibitoire.
Les autres étaient bien à très bien.

C'est mon côté "école des fans" ?
Non, juste que sur ces deux jours j'ai croisé de jolis flacons. Et j'aime çà, croiser de jolis flacons !



Comme d'hab : l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Même si les vins sont plaisants.


















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