jeudi 29 octobre 2015

Let me freeze







Le baroque je l'ai commencé à la Monsieur Jourdain, comme tout le monde : avec Bach.
Jean Séb. A l'insu de mon plein gré.
Forcément la BWV 147 et, plus particulièrement, "Jesu bleibet meine Freude".
Passage obligé, en particulier quand tu es enfant de chœur.
Alors ça compte sans doute pas.





Le glissement s'est fait plus tard.
J'étais alors officier Chasseur, au 19ème Groupe de Chasseurs et, à ce titre, j'avais accès aux magasins pour officiers, tous les officiers.
Or en Allemagne les officiers canadiens avaient des magasins de folie !

Je m'intéressais à la musique comme tout élève ayant subi les cours "de musique" au collège : absolument pas. Ou plutôt de façon purement aléatoire, sensorielle, quasi organique ... et pas grâce à mon ex "prof de musique".

Premier walkman (étanche) ... que j'ai gardé le temps que ce con de tête inerte me tire une balle (9 mm) à quelques cms de l'oreille (et donc du tympan), sonnant ainsi le glas de ma pratique de la plongée sous marine et du walkman.
Et surtout première platine laser : la CDX 1 de Yamaha, avec l'ampli qui va bien, et les enceintes de la mort qui tue.
Quelques disques aussi, bien sur.
Dont par une sorte de fidélité la 147 de Jean Seb (et quelques autres cantates), dirigée par Karl Richter. Je l'ai toujours ce disque.
A côté il y avait un truc rigolo qui semblait m'appeler : le King Arthur d'un dénommé Henry Purcell, dirigé par Deller.
C'est ce disque qui a été le choc premier. Pour je ne sais quelle raison je l'avais choisi pour tester les enceintes (du coup les suivantes ont toujours été testées avec le cold song).
Car, oui, le disque dans son ensemble ... mais tout particulièrement, bien sur, le cold song.



Alors, bien sur, plus tard quand on me fit écouter la version de Klaus Nomi j'ai apprécié la performance mais elle m'a laissé froid, en quelque sorte.
Pourtant Klaus Nomi était pas mal baroque ...



Même Andréas Scholl me laisse perplexe (et pourtant Andréas Scholl ....)



Mais, non merde quoi : Scholl, pas là dessus. Et surtout pas comme s'il avait un train à prendre qu'il a peur de rater !

Non, le cold song c'est chez Deller par un baryton !
Même la version dirigée par Harnoncourt ne me convenait pas (et pourtant ...) car je restais fidèle à cette première fois.

Et paf, hier (28 octobre 2015, à l'Auditorium de Bordeaux) : le cold song dirigé par Emmanuelle Haïm et interprété (incarné !) par Christopher Purves.
Il est sensé être baryton, C. Purves.



Hier il n'avait pas d'écharpe et on pourra le regretter, ou pas.
En tous cas, hier, il était visiblement pétrifié de froid.
En tous cas, hier, c'était le "cold song".

Bien sur, juste après le "Thus happy and free" tiré de Fairy Queen était splendide : Brenda Rae a été remarquable.
Oui, Brenda Rae, car elle avait remplacé Patricia Petibon (malade) au pied levé.
Et quel pied !
Elle nous a proposé une belle Cléopatre (Giulo Cesare in Egitto, G.F. Haendel) et une Armida (Rinaldo, toujours G.F. Haendel) très convaincante.


(à propos de cette vidéo : j'espère qu'après la représentation le metteur en scène a été pendu avec ses tripes)


Bref : hier c'était l'un des très beaux concerts auxquels il m'ait été donné d'assister.
Vraiment.







Sinon, faites une B.A. : vendredi à Bordeaux concert caritatif (et cardiaque) avec "Les Eléments".
Et  "Les éléments" c'est pas des truffes qui font dans l'élémentaire !




Pour finir, juste pour dire que la musique baroque, en particulier dirigée par Emmanuelle Haïm, çà file une de ces putain de  patate :






Et, enfin, comme je suis sensé avoir un blog pinard, vu que j'aime bien quand Andréas Scholl chante Purcell (sauf le cold song) et que le festival de musique baroque de Beaune çà envoie du lourd :






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