vendredi 13 novembre 2015

Chateau des Bachelards (Fleurie)


Je l'évoquais dans mon précédent billet : divers échos sont venus donner du relief à ce bref passage en Beaujolais (et à Lyon, mais de cela je parlerai plus tard).

L'un d'entre eux était porté par un échange à propos de déclaration fracassantes condamnant la compromission de certains commentateurs et revues du monde pinardier et des inévitables arômes d'ananas conférés aux vins du fait d'un désherbage chimique.
Pour une fois je n'ai même pas à forcer le trait.

L'une des saillies que je fis lors de cet échange me valut, en privé, un commentaire amusé accompagné d'une invitation à passer à Fleurie, pour y goûter les vins du Château des Bachelards.

J'ai du mal à refuser les invitations à déguster, en particulier quand elle sont fondées sur un rire.
Il est vrai qu'ainsi que je le disais à Alain Fourgeot, l'une de mes phrases cultes est l'entame du Scaramouche de Rafael Sabatini :
"Il naquit avec le don du rire et la certitude que le monde était fou".
De surcroît qui me lit même irrégulièrement est forcément tombé, un jour ou l'autre, sur l'une de mes diatribes contre les tentatives d'argumentation de chantres de la biodynamie ou visant telle ou telle déclaration consternante de naturopathes.
Pour autant, quelle que soit la chapelle dont se revendique son géniteur j'essaie autant que faire se peut de goûter un vin pour ce qu'il est et ce qu'il me dit. Pas pour ce que disent la contre étiquette ou le site internet (parfois il vaut mieux).

Tout ça pour dire qu'être invité à goûter des vins se revendiquant de la biodynamie m'est rassurant sur la nature humaine (il y a eu des précédents fâcheux) et plutôt plaisant.

D'autant qu'il s'est avéré que j'étais dans les clous pour passer au Château des Bachelards. Je l'ai donc fait même si c'était un peu court et beaucoup au débotté.
C'était le 6 novembre dernier.

Château des Bachelards (Fleurie).
Fenêtre sur cour.
Le lieu est beau. Très beau.
Ça ne fait rien à la qualité du vin mais participe grandement du plaisir de sa découverte.
Et puis il restait une grenade non loin d'une porte cochère, et j'aime beaucoup les grenades.


Château des Bachelards (Fleurie).
Le clos ... et le fumoir.

Depuis la terrasse, belle vue sur le lointain Mont Blanc mais aussi, mais surtout, sur le Clos qui entoure la demeure.
Château des Bachelards (Fleurie).
Le Clos.





A l'intérieur petit chai de vinification (beau vieux pressoir) et très beau chai d'élevage.


2014 est le premier millésime des Bachelards vinifié par Alexandra  de Vazeilles
2015 étant le premier millésime qu'elle a totalement pris en main (notamment avec le passage à la biod).

Château des Bachelards (Fleurie).
Petit stock de 2014 ...















S'ensuit la dégustation de la plupart des vins du cru présents au chai.


Château des Bachelards (Fleurie).
Dégustation au chai

Bien sur dégustation sur cuve, malo pas finie, et tout le tintouin.
Ce n'est donc pas le plus facile à goûter et à ce stade, le vin n'est porteur que de promesses.
Pour autant, dans l'ensemble, ces promesses étaient belles





Château des Bachelards (Fleurie).
Elevage du Moulin à Vent (2015)
Château des Bachelards (Fleurie).
Fleurie (2015) à l'élevage















Château des Bachelards (Fleurie).
Elevage du Saint Amour (2015)

Fleurie (2015)
Très grosse couleur, d'un rubis intense et profond.
Le nez est en vrac (merci la malo).
En bouche beaucoup de matière, déjà de beaux arômes (fruité / floral). Forcément côté harmonie c'est pas encore çà : il va falloir attendre.
En tous cas la matière est là, avec une belle charge tannique, sans dureté aucune.
Beau potentiel à ce stade.

Petite Fleur (2015)
Intensité un ton en dessous du Fleurie.
Jolis tanins, de la fraîcheur : beau potentiel plaisir pour ce qui sera probablement un joli vin de picole.

Le Clos (2014)
Robe très jeune, d'intensité moyenne.
Nez fermé au premier abord puis s'ouvre sur d'intenses et étonnantes notes de poivre noir dont il m'est difficile de faire abstraction pour arriver au fruité qui est là, en seconde ligne.
Bouche ronde, avec une jolie matière bien que relativement légère. En bouche, les arômes poivrés sont toujours là.
Plutôt élégant, sur la fraîcheur et la légèreté, belle qualité aromatique y compris sur la finale qui finit sur une note un peu plus puissante.
Joli vin !


Nous finissons au salon avec un magnum de Petite Fleur (2014) remonté pour l'occasion.
 Sa robe est d'un joli rubis. Nez cadenassé au premier abord, qui s'ouvre peu à peu sur des notes florales (pivoine). En bouche l'attaque est ronde, les tanins souples mais le vin reste fermé, sur la réserve avec une finale sèche. Pas la grosse éclate, mais mériterait peut-être qu'on y revienne voir.



Il ne me restait 
plus qu'à redescendre à Lyon au son des concertos pour violoncelle de Vivaldi (belle interprétation du concerto en sol mineur par Jean-Gilhen Queyras et l'Akademie für Alte Musik).
D'ici là, comme l'annonçait le panonceau repéré à l'entrée :




Si, juste un truc avant de partir, un dernier écho : il y a dans ma collection un petit bouquin traitant du Beaujolais et de ses vins.
Intitulé
"Le pays et le vin Beaujolais" il est l’œuvre de Léon Foillard et Tony David.
Paru en 1929 il est riche de toutes sorts d'information ... et s'intéresse bien sur à Fleurie :

"Dominé par son clocher élancé, le bourg est plaisant et propre. La campagne ressemble à une riche banlieue de grande ville à cause de ses nombreux châteaux ou maisons bourgeoises, qui se dressent partout au milieu des vignes plantureuses, sur un territoire gracieusement accidenté.
A Arpayé, en dessous du bourg, les bénédictins avaient fondé un couvent qui dépendait de l'abbaye de Cluny.
En date du II pluviose de l'an III de la République, Une et Indivisible, l'agent national, Loron de Fleurie, envoie au district de Villefranche un curieux rapport au sujet d'un prêtre réfractaire qui, caché dans les hameaux, continuait la lutte contre ce représentant du comité révolutionnaire. Ce rapport nous éclaire sur les mœurs beaujolaises pendant cette époque troublée"

J'ai tout lieu de penser que ce couvent d'Arpayé n'est autre que le Château des Bachelards.
A suivre ...

D'ici là, comme d'hab : les vins du beaujolais en général et du Château des Bachelards en particulier, même si çà se boit bien, c'est à boire avec modération car l'abus d'alcool nuit à la santé.


Comme d'hab aussi : les photos (qui ne sont pas libres de droits sauf bien sur pour le Château des Bachelards) sont visibles dans de bien meilleurs conditions par un simple clic. Un retour arrière du navigateur permettant ensuite de revenir au texte.

6 commentaires:

  1. Bon, bien. C'est intéressant et nous verrons bien.

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    1. Voilà : à ce stade c'est intéressant mais un peu vain, surtout quand on n'a pas de recul. Mais l'exercice me plait et, surtout, ce que j'ai gouté m'a plu. Dès lors ma conviction est qu'il y a un joli potentiel ... on verra ce qu'il en sera une fois le vin en bouteille. Mais çà vaudra la peine de vérifier !

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    2. Ce blog en témoigne régulièrement : "consensuel" est sans aucun doute le mot qui me correspond le mieux.

      Sinon, et quoi que puisse en dire certains fâcheux, quand je commente un vin j'essaie de le faire en fonction de ce que le vin me dit et non pas en réaction à ce qui se dit ici ou là sur le vin ou sur son mode d'élaboration (lors d'une dégustation les théories sur le goût d'ananas ou de bouse de corne m'indiffèrent).

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    3. André, c’est bien parce qu'il n'a rien de consensuel que je lis ce blog ;) raison pour laquelle ce billet m’étonne (pas les dégust, heureusement que tu dégustes indépendamment du reste) au regard de la dame!

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    4. C'est bien ainsi que je l'entendais, en fait ;-)

      Bref : initialement je ne voulais faire qu'un seul billet beaujolais.
      Mais vu le nombre de vins et la longueur du truc (d'autant que j'envisage une troisième partie (le week end) et une 4ème (la soirée Bojo Nouveau de ce soir qui part sur des bases assez élevées ...)) c'était juste pas possible.
      Du coup j'ai fait en deux parties traitées par ordre chronologique. Ce n'était peut-être pas le meilleur choix dans la mesure ou, en effet, mon laius de départ du premier billet à propos du "gout d'ananas" aurait sans doute plus eu sa place dans le second billet !?

      Je ne sais pas sur de ce qui est préférable sur ce coup là !
      Ce que j'ai voulu restituer c'est le côté impromptu du passage au Château des Bachelards et le bon moment que j'ai y ai passé à goûter des vins au joli potentiel.
      Pour le reste, a savoir le discours "ananas" et/ou "biodynamie", j'ai déjà dit par ailleurs ce que j'en pensais c'était donc peut-etre pas la peine de refaire ce qui a été fait par ailleurs à de multiples reprises ? (mais j'exclus pas d'en remegttre une couche dans le compte rendu des dégustations de ce soir en fait ;-) ).

      Quant à la situation actuelle dans les instances du Beaujolais et l'avenir de cette (ces !) appellation(s) et le rôle que tel ou telle y : tient j'estime n'avoir aucune espèce de légitimité pour en parler, donc je n'en parle pas.
      (En effet : je ne me prends pas pour un maître à penser et tente autant que possible d'éviter de penser au mêtre, d'autres font çà tellement mieux que moi).

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