lundi 30 novembre 2015

Globiboulga business



Ca fait si longtemps que ce vieux Casimir ne nous a pas mis un grand coup de globiboulga qu'il ne faut probablement pas s'étonner de l'arrivée soudaine d'une bonne grosse globiboulga party !

King sized, le globiboulga !
Le genre qui t'enfonce le clou de gré ou de force, quand bien même le dit clou est monté de bric et de broc.




Il s'agit en l'occurrence de papiers qui annoncent et accompagnent la sortie de "Insurrection culturelle", bouquin de Jonathan Nossiter.

Au début d'un billet qui commence à dater j'évoquais ma rencontre avec le Mondovino de Nossiter, c'est peut-être pas la peine d'en remettre une seconde couche : on aura compris que je pars avec un a priori du genre négatif.

C'est tout d'abord un billet sur Rue 89 (grand pourvoyeur de prêt à penser) qui m'intéresse (si je puis dire). Il s'agit de : "insurrection culturelle" : l'utopie tient elle dans un verre de vin ? 

On y apprend des trucs essentiels, du genre :
"Pasolini est un cinéaste, Bellotti un vigneron naturel",
tous deux sont en Italie.
Alors qu'en Espagne, 
Gasolina c'est l'essence et Bellota un jambon.
Dingue, non ?

Ce n'est qu'après que l'on rentre dans le dur :

A l’opposé, les purs produits de consommation, à des fins d’abord commerciales, répondant à des pseudo-besoins habilement marketés, et surtout vidés de toute substance (culturelle ou nutritionnelle), sont la tare indifférenciée, le cancer monolithique généralisé :
« Ici comme dans nos campagnes, la monoculture est le seul horizon des approches purement financières. »
Comme on n'a pas peur des mots, ni les grands, ni les gros, on nous inflige : "la tare indifférenciée, le cancer monolithique généralisé".C'est affligeant de bêtise pontifiante car franchement : côté "pseudo besoins habilement marketés", les pinards et salons "Nature" aux étiquettes et affiches so trendy çà se pose quand même un peu là en termes de pseudo besoins habilement marketés ...
Pour le reste : j'ai toujours cru que la vigne était un genre de monoculture qui faisait vivre pas mal de gens - et directement ou indirectement mourir d'autres -, et ce depuis la nuit des temps (les édits de Domitien puis Charles IX qui ordonnent l'arrachage des vignes pour éviter les famines dues au manque de blé en témoignent).

Mais j'ai dû me tromper.
Ou alors c'est que je suis perdu pour la cause puisque je comprends pas la différence fondamentale qu'il y a entre un vigneron "nature" qui plante, en monoculture, 5 à 10000 pieds par hectare pour vendre son vin sous des étiquettes marketées, et un vigneron pas "nature" qui fait la même chose.

Oui, sans doute suis je hermétiquement fermé à des concepts aussi essentiels que ceux ci :

« la renaissance [des artisans] inspire l’émergence d’une figure nouvelle dans la culture ».
.../...

« Il est possible que le mouvement du vin naturel, tel qu’il se développe depuis dix ans dans le monde entier, comme une contre-mondialisation réussie, suggère des solutions concrètes à une situation désespérante. »
.../...

"En bref, avec les vignerons naturels, nous avons sous les yeux, depuis des années, le modèle abouti d’une culture (ou contre-culture) joyeuse et saine, qui réunit les deux sens du terme (la terre, l’esprit) et où tous les acteurs, individuellement et collectivement, de celui qui crée à celui qui reçoit, en passant par les différents intermédiaires (« distributeurs et importateurs militants, cavistes passionnés et pédagogues, restaurateurs éclairés et critiques-blogueurs libres »), partagent et expérimentent une une aventure éthique et humaine tout à fait concrète."
C'est cela même : "une aventure éthique et humaine tout à fait concrète" qui passe par le vin (dit) "naturel" pour enfin sauver le Monde et la culture de la mondialisation et ses méfaits.
C'est moi qui délire ou çà sent la pignole à plein nez ce genre de galéjade ?
Putaragne : s
ur ce coup là elle est à fond, la marmotte !