jeudi 5 novembre 2015

Le pas du cheval, et le calcul intégral.






Beynat : porte ouverte

Sur ce blog, je ne suis pas toujours très prompt à la détente, j'en veux pour preuve du moment ces Portes Ouvertes en Côtes de Castillon qui remontent (déjà !) aux 5-6 septembre 2015.

C'est qu'au delà de l'évènement lui même il me faut un déclic, une envie, une idée, une raison plus ou moins évidente de parler d'autre chose : ici, sur ce support, j'essaie en effet et autant que possible d'écrire comme je parle ... donc avec moult digressions.
Retrouver le rythme de la parole et le faux rythme de la pensée parasite.


Là, le déclic a été Jean Rouquet ou, plutôt, la prochaine sortie de son 3ème livre.
Mais d'abord les JPO et les vins (au moins certains d'entre eux) : ces JPO Isabelle et Daniel Sériot m'ont proposé de les faire avec eux, ce que j'ai accepté avec plaisir (et avec mon fils).
3 domaines au programmes, dont 2 que j'ignorais totalement.


Château Lapeyronie

Lapeyronie (2012) avec et sans soufre

Château Lapeyronie (2012)
Vieilles vignes (> 45 ans)
Belle robe jeune et de bonne intensité.
Nez ouvert, de fruits noirs et d'épices douces (élevage en retrait).
Bouche de bonne structure, beaux tanins et joli fruit, avec de la fraîcheur. En finale cette fraîcheur fait ressortir les tanins et çà gratte un peu.
Vin plaisant qui passera bien à table.
Amusant de le goûter en comparaison avec son alter ego sans soufre : ce dernier est, lui aussi, un joli vin ... pour autant (et çà m'étonne quand même un chouia) même s'il garde ce joli fruité, acidité et tanins m'y semblent plus en avant, menant à des notes quasiment végétales. On y perd en complexité mais pas en dureté :
sur ce coup là c'est pas un bouleversement sensoriel, le sans soufre.



Dégustation de La Font du Jeu (2012)

La Font du Jeu (2012)
Vignes d'une 20aine d'années
Robe jeune et légère.
Nez de fruits noirs, qui s'ouvre sur un joli fruité mais avec un boisé plus marqué et un poil vieillot.
En bouche un joli fruit et cette même fraîcheur.
Plutôt bien, pour un tarif très sage






Dernier millésime du Carménère, à l'élevage
Carménère (2012)
C'est pas si facile de goûter un vin fini qui soit un 100% Carménère !
Robe jeune et de belle intensité.
Nez ouvert, de belles maturité et complexité.
Bouche ronde, aux beaux tanins fermes et enrobés. De la matière, de l'équilibre, et d'agréables arômes de bouche : au delà de l'intérêt pour le cépage, le vin est séduisant
.




Château Goubau

Pour les rouges : 10 hectares en production, très majoritairement Merlot (mais une jeune plantation d'1 ha de Cabernet franc va venir faire évoluer çà)
L'autre nouveauté ? l'ha de blancs qui vient d'être planté.
A ce stade 3 vins, tous rouges, et tous disponibles à la vente au château ... en quantités très limitées.
Nous n'avons pas goûté l'entrée de gamme ("Les Charmes") ... ou alors je n'ai pas pris de notes !?

Goubau - "La Source" (2012)

Château Goubau - "La Source" (2012)
Robe jeune, de belle intensité.
Nez ouvert, de belle expression.
Belle matière, tanins fins, joli fruit, de l'harmonie.
Rond, finale plaisante.
Joli vin.







Château Goubau
(2011)

Goubau (2011), et son géniteur
2011 ... car le 2012 est épuisé.
Robe de couleur soutenue, toujours très jeune.
Fruits noirs, pointe épicée, notes florales. Beau nez malgré un léger réduit initial (et rapidement disparu).
Bouche ronde, en souplesse, avec de beaux tanins qui mènent à une finale plus resserrée mais sans dureté. Belle structure d'ensemble pour un vin qui a un bon potentiel devant lui.

Pour parachever le tout : accueil charmant sur la terrasse qui n'en manque pas, de charme.





Château Beynat

Je ne vais quand même pas encore faire un billet sur Alain Tourenne et ses vins !?
Euh, ben si, mais en service minimum car il suffira de suivre les liens indiqués pour retrouver certains de vins que nous avons dégustés, à savoir  le Léonard (2012) ... car finalement le
Sauvignon by Beynat (2014), ou le Beynat (2012) je n'arrive plus à me souvenir dans quel billet j'en parlais !? (à force de mettre des titres à la con ...).

Cuvée Léonard (2011 & 2012)

Cuvée Léonard (2011)
60% Merlot, 40% Cabernet sauvignon (oui, oui : sauvignon).
Belle robe encre très jeune. Nez expressif et bien ouvert sur des notes de violette et de fruits noirs, épices douces et élevage bien intégré.
Beaux tanins pour un vin rond. Fruit et épices douces en bouche aussi. Équilibre et sucrosité font que çà se boit bien même si çà gagnera à attendre encore.


Parmi les multiples vins que nous avons gouté (oui, Alain a autant de vins que d'idées, et il a beaucoup d'idées !) il y avait ce Mâle (Male Bec à 30% Malbec) amusant et au beau fruit mais à la finale un poil sèche, aussi le Floyd (rosé de Malbec vif mais rond, à la belle palette aromatique.

Ça a aussi été l'occasion de goûter (regouter en ce qui me concerne) son 2014 sans soufre et encore sur fut. Je l'avais en effet dégusté quelque temps avant et avais alors été séduit par son joli nez précis et sa jolie matière même si je lui reprochais alors un creux en milieu de bouche et, du coup, un certain manque d'harmonie. Là, toujours un beau fruit et de la maturité avec, en bouche, une belle matière et de jolis tanins même s'ils sont encore un poil pointus. Bref ça a bien évolué ... j'attends de le revoir encore dans quelque temps celui là !


C'est ensuite que ça devient rigolo :






Oui, en effet : un gros, vieux, et beau projo trône dans un coin du chai et Alain nous invite à une projection privée : son ami qui est aux manettes nous a préparé une bobine de "reflets d'actualité" de 1966 choisie dans son stock.

De toute évidence il dispose également d'un intéressant fonds d'affiches ...




1966 : le Nespresso du vin !
Ce sont ces Reflets d'Actualité qui me font penser à Jean Rouquet et son premier bouquin : "La Jasse d'Armand" (qu'on trouvera en poche sous le titre de : "L'enfant de la Borie".
Jean y évoque la civilisation qui avance au rythme du cheval ... et qui est en train de disparaitre.
Beau livre qui n'est pas qu'intime.
Or c'est aussi, c'est surtout cela, que nous racontent le commentateur et les images d'actualité, ce jour là à Beynat : un Monde qui disparait de façon inéluctable et sous les yeux de ceux qui le peuplent.
Drôles de sentiments à la vue de ces images ...

Mais je n'ai pas envie de prendre le risque de basculer dans le mélo.
Alors
, pour finir sur une note légère, je retiens - y a pas de hasard, même dans le choix de cette bobine là !! - le clip d'Evariste.

Oui, dans la bobine il y avait son clip :

"connais tu l'animal qui inventa le calcul intégral".
Ce clip - sur fond de tableau noir et de labo - je ne l'ai pas retrouvé, mais j'en ai retrouvé un autre pour le même titre.

Il fera parfaitement l'affaire :



Pourquoi est-ce que j'aborde ce sujet ?
Parce qu'Evariste n'est pas totalement disparu, il a simplement repris son état civil : Joël Sternheimer.

Et là Nicolas est en train de frétiller devant son écran (oui : j'ai la faiblesse de croire que, parfois, Nicolas me lit).

Oui : l'année dernière, à ma grande surprise Nicolas voulait tester les protéodies, la trouvaille d'"Evariste Sternheimer".
Faudra qu'un de ces jours
, sur ce blog, je parle des protéodies (les protéodies ? une méthode sensée permettre la synthèse d'acides aminés - et leur organisation - par l'écoute de notes de musique et, en conséquence, permettre à la vigne de se défendre contre toutes sortes de choses).

Un jour.



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