vendredi 19 février 2016

Sancerre plus ou moins sincère



Sous la haute autorité de
Zéphirine, c'est à une dégustation (à l'aveugle) de vins blancs de Sancerre que j'étais convié chez les Sériot, le 13 février dernier.


Nous nous sommes retrouvés une petite dizaine, avec le même nombre de vins.





Comme à chaque fois, les vins devaient être amenés quelques jours auparavant pour qu'Isabelle les prépare dans de bonnes conditions (choix de l'ordre de passage et mise en carafe une heure avant la dégustation) avant qu'ils ne soient dégustés à l'aveugle.
Leurs identités n'étant révélées qu'après que chaque dégustateur ait dévoilé ses notes et que celles ci aient été croisés.




Voici donc, en respectant leur ordre de passage, mon ressenti tout d'abord sur les vins dégustés en première partie :


Gérard Boulay
- Les Monts Damnés (2011)
Au premier abord c'est un vin plutôt plaisant par sa belle aromatique, dans un style léger (et un chouia végétal). En revanche en bouche c'est pas l'extase : ça commence avec de la sucrosité et du gras et finit sur la fraîcheur, mais tout çà me semble un rien manquer d'harmonie.
Bon c'est le premier vin, donc je l'ai sans doute jugé un peu plus mal qu'il ne l'aurait fallu ... mais y revenir en fin de séance n'a pas significativement changé la donne.




Domaine Fouassier - Les Chasseignes (2013)
A peu de chose près on prend le même et on recommence, mais avec une couleur qui, pour un 2013, est peut-être déjà un rien évoluée ? Le nez est joliment ouvert et complexe, la bouche grasse, ample, avec une belle aromatique et une fraîcheur qui a (presque) tendance à équilibrer le tout.
Pour autant ce vin n'est pas très enlevé et manque un rien de prestance.
Alors comme le précédent, j'aime bien, mais sans plus. Pas la grosse éclate ... et pas de quoi en faire entrer en cave. Du coup, s'ensuit une grosse déception à la découverte de la bouteille en fin de soirée, puisque cette quille vient, justement, de ma cave et que je l'attendais (l'espérais !) plus festive (en particulier après ma dégustation enthousiaste (peut-être un peu trop ?) de sa version 2014 qui me semble donc bien plus aboutie).



Anthony Girard
- La Clef du Récit (2014)

Robe d'aspect un poil plus jeune que les deux précédents vins. Joli nez frais et intense sur les notes florales et d'agrumes. Belle bouche ample, fruitée, avec une acidité joliment intégrée. Longue et agréable finale.
C'est joli, ce vin ! Sa légèreté, qui n'empêche pas qu'il y ait de la matière, change agréablement du style un rien lourdingue des deux précédents.
J'aime bien !





Vincent Pinard
- Harmonie (2012)
Je le note pas, ce vin : je le trouve plat, pas super net et avec une finale bien trop amère. Faudrait revoir avec une autre quille car c'est
too much !

Gérard Boulay
- Les Monts Damnés (2010)
Y a de bien jolis vins sur ces Monts Damnés. Bien jolis ! Mais pas celui là qui ferait pour autant un accord peut-être pas parfait mais en tout cas ton sur ton avec des asperges.
Super sec.
J'aime pas du tout et ne note donc pas non plus. Même chose : j'espère qu'il s'agit d'un problème de bouteille.



Alphonse Mellot
- La Moussière (2014)
Beau vin au nez expressif et complexe (agrumes, exo, pointe florale sur une touche mielleuse). Beau mix de tension et de maturité qui s'achève sur une longue finale fraîche et aromatique.
J'aime beaucoup.






Pierre Cros
- "La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut mais de vouloir ce que l'on fait", VDF Chardonnay (2013).
J'aime bien les histoires de pirates (en particulier celles racontées par
Sabatini), pour autant ce pirate là ne m'enthousiasme pas car court, plat et végétal.
Alphonse Mellot - La Moussière (2014)
J'aime beaucoup. Beaucoup plus que la 6ème bouteille ... pourtant le même vin.
Ca permet au moins de relativiser l'exercice avec deux clefs d'entrée : la fiabilité du palais (au moins le mien ...) et la variabilité de bouteille à bouteille !
Quoiqu'il en soit, ce vin me semble avoir une expression plus aimable et encore plus affirmée que le 6ème. Superbe équilibre et très longue finale.
Grosse bouteille !


Domaine Vacheron - Sancerre (2013)
Mon préféré sur la soirée !!!
Superbe nez, bouche ample à l'équilibre irréprochable : c'est mûr et frais à la fois, et se finit très longuement sur l'écorce de pamplemousse (avec de beaux amers en prime) et de séduisantes notes florales.
De l'avis général - que je partage - c'est le plus beau vin de la soirée !





Mais peut-être le début de la dégustation a t il été un peu perturbé par la seconde mi temps de France - Irlande ?









 

Nous sommes ensuite passés (enfin, restés) à table.

Je zappe les plats (pourtant il y avait du bon) pour en venir directement aux vins qui ont, encore une fois, étés goûtés l'aveugle.







Enfin, le premier vin je ne l'ai pas goûté à l'aveugle puisque c'est moi qui l'avais amené après l'avoir ouvert - mais pas carafé - à 15 h 30 puis en avoir retiré un fond de verre pour le goûter et faciliter l'aération. Il a été dégusté vers 20h ou 20h 30 je pense ?
François m'ayant, quelque temps auparavant, confessé une faiblesse coupable pour le Gamay j'avais décidé de sortir de la cave un Moulin à Vent (2009) : le Prestige, chez G Duboeuf (ouais :  dans certains milieux on pourra considérer çà comme une provocation).
Joli vin, avec de la matière. Visiblement c'était mûr. Pour moi il est à point car à maturité (quelques traces encore légères du début d'évolution).








Amusant concours de circonstances : le vin suivant - goûté, lui, à l'aveugle - est aussi un 2009.
Pour autant on change de registre ! Isabelle annonce une Syrah. Je suis, pour ma part, sur un Grenache.
Ca tombe bien : y a les deux. Très jolie (et surprenante) La Pialade (2009) qui elle, pour le coup, n'est pas à maturité !
C'est vachement bien à boire (en particulier sur la tapenade), pour autant ça mérite d'être attendu.






Nous revenons ensuite à Bordeaux avec les Portes de l'Am (2013).
Une bouteille qui se goûte bien mieux qu'il y a quelques mois au chai car le boisé est, là, déjà intégré et en train de se fondre.
Comme quoi il y a eu de très beaux vins à Bordeaux en 2013.
Attention : je ne dis pas que c'est un beau vin pour 2013. Je dis que c'est un (très) beau vin et que c'est un 2013 (bon, après : le Malbec à ce niveau là n'est peut-être pas super représentatif de l'idée qu'on se fait d'un Bordeaux (même supérieur). 2013 ou pas ;-) )
Superbe quille, encore une fois.









Pour être (presque) complet j'ajoute qu'il y avait aussi un Larcis Ducasse (2013) qui débordait d'élégance et d'harmonie.


Comme d'hab : il est vivement recommandé de faire comme nous ce soir là

Boire avec modération, car l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

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