samedi 18 juin 2016

Mortelle biodynamie









Jeudi dernier j'avais une journée médocaine : quelques clients à voir et des vins à goûter.
Alors il fallait en profiter pour prendre l'air de tel ou tel chai.

Profiter aussi d'un temps clément - ce n'est pas si fréquent - et d'une vue à la Windows (je crains qu'il ne faille pas trop regarder les vignes de près : parait qu'il y a un peu d'oïdium en ce moment ...).
Ce millésime part sur des bases grandioses.




Le clou de la soirée était une invitation à déguster quelques vins, le soir même.
Ca se passait à Arsac, à la Winery, c'était organisé par Sylvain Jamet. La dégustation était intégrée à une intéressante et intelligente scénographie sur fond de meurtre inexpliqué.





Ouais : les pinards annoncés étaient tous en biodynamie, dont certains que j'avais goûté il y a un ou deux ans.



Du coup j'ai pu écouter Philippe Betschart m'expliquer la biodynamie, et c'était le pied.
Je dois à la vérité d'ajouter qu'il m'a très clairement dit que lui ne décapite pas les chatons. Je trouve çà rassurant (même s'il a confessé avoir tué le père de Bambi pour lui piquer sa vessie).


Au delà de ces facéties (enfin ... c'est des facéties tant que c'est pas ta vessie qu'on ampute) la soirée a été l'occasion de voir (et un peu participer à) un spectacle sympa et bien mené, prétexte à des découvertes et des partages vineux.

Tout d'abord deux vins du Chateau Condamine Bertrand (Languedoc)

Tradition Rosé 2015 (Syrah - Grenache)
Robe rose pâle, nez de petits fruits rouges, bouche fraîche tenue par un joli fruit et ce qu'il faut de rondeur.
Agréable mise en bouche

Blanc Barrique
C'est marqué en travers sur l'étiquette, que ce vin est élevé sous bois.
C'était pas la peine : on le sent bien le bois, que ce soit au nez ou en bouche. Définitivement pas mon style de vin. J'adhère pas mais autour de moi çà plait. Je mets un bémol : sans doute était il servi un poil trop froid au vu de ce boisé, m'enfin même en laissant remonter le température je reste dubitatif.
Il faut dire que j'ai été élevé aux blancs des Corbières par Jean Bérail, à Roque Sestière. Autant dire sans l'ombre d'un chêne !

(note ultérieure : Sylvain me signale que ces 2 premiers vins ne sont pas en Biodynamie.
Oops : je m'a trompé)
Viennent ensuite trois vins de Philippe Betschart :





13 et Alors !

Robe rubis à la teinte jeune, d'intensité moyenne. L'attaque est fraîche, sur une trame acidulée il y a de la rondeur et une matière aimable. Léger boisé bien géré. On ne fait pas dans le grandiose mais dans le joli vin de picole, propre, droit et plaisant à boire.
Pour le coup celui là je le boirais volontiers frais, au bord de la piscine (si j'avais une piscine).


J'avais précédemment goûté la Réserve (2010)
, mais pas cette cuvée là.
Robe rubis, où l'évolution commence à poindre à la frange.
Au nez le fruit est passé au second plan, derrière des notes humus, épices douces et un chouia de gibier.
L'attaque est ronde, la bouche équilibrée avec une jolie trame tannique et se finit sur des notes fruitées / épicées.
Là aussi un boisé léger qui soutient le vin sans le masquer.
Joli vin qui ne fait pas dans la surpuissance.






Mon préféré est le Terroir (2012)
Robe de couleur soutenue, encore très jeune.
Premier nez sur la réduction et l'élevage puis, à l'aération, fruits noirs (cassis) et notes florales apparaissent.
Attaque ronde, belle matière, du volume.
Longue finale aromatique.
Beau vin.
On se met rapidement d'accord sur le fait que c'est un vin d'anarchie parmentier.
Mon préféré de la soirée, dont je ramène deux quilles pour les goûter plus tard, à tête reposée.

A la toute fin, la criminelle a été démasquée.
Son chapeau rose cache mal la noirceur de son âme : elle a assassiné son demi frère pour une sombre histoire d'héritage.
Qui plus est elle l'a assassiné avec du vin !
Du vin empoisonné.
C'était un vin en biodynamie. Pas sûr que ce soit une circonstance atténuante, mais çà doit pouvoir se plaider.

On peut se procurer les vins de la soirée et bien d'autres (dont un très joli Champagne de vigneron) en contactant Sylvain Jamet, de JP Wines.

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