vendredi 18 novembre 2016

Orange mécanique

Orange mécanique ?



Non, il ne s'agira pas d'une nouvelle chronique vaguement cinématographique (j'ai déjà donné avec "Premiers crus", ou avec "Zweig, adieu l'Europe").
Je reviens en effet à un créneau plus porteur  : observations et commentaires sur le microcosme pinardier tel qu'il s'exprime sur les réseaux sociaux (réseaux qui n'ont souvent de social que le nom), en particulier quand on en vient au monde du pinard.



Ainsi que je le disais dans un précédent billet : j'aime bien être pris pour un con (avec, par la même occasion, certains de mes amis) mais faut pas que ça dure trop longtemps.

Ouais, au programme ce soir : retour sur une argumentation niveau maternelle supérieure, sur fond de concours de taille de bite.


Ça a démarré chez Nicolas Lesaint.
C'est un pote Nicolas, un ami. C'est aussi un (vieux) copain de promo, en DNO.
C'est même mon major de promo, Nicolas
Tout cela et deux ou trois autres choses, je l'évoquais dans un déjà vieux billet traitant, entre autres, de nos parcours respectifs puis nos retrouvailles bordelaises.

Ce billet je l'avais mis sous le haut patronage de "The persuaders" ("Amicalement vôtre", en France). J'avais trouvé rigolo (j'ai des joies simples) de relier Lesaint à celui qui incarna aussi Le Saint (ou Simon Templar) et qui dans Amicalement vôtre était le très grand et très distingué noble british, alors que je me rapprocherais plutôt du petit américain enrobé, teigneux et mal embouché.

D'aucuns pourront trouver que ces comparaisons ne sont pas totalement dénuées de fondement.


C'est avec cette photo de machine à vendanger (MAV) - repeinte en orange pour les besoins de ce billet - que l'on a commencé à rigoler.

Sur la base d'un jeu de mots foireux, Nicolas se fit en effet traiter de type inhumain, promoteur de vendanges elle mêmes inhumaines et, par voie de conséquence, de vins foireux.

Ouais : c'était une soirée "Almanach Vermot".

 
C'était aussi (c'était surtout !) le schéma classique sur Facebook et consorts : tu t'exposes et te dévoiles en disant puis expliquant ce qu'est ton cheminement, ce que sont tes raisons, tes choix et surtout le contexte dans lequel tu les fais (sur tout cela il sera plus simple de se référer au billet de Nicolas, billet vers lequel j'ai mis un lien au tout début de ceci) ... en suite de quoi un type arrive et te traite comme une merde, avec la plus parfaite mauvaise foi enrobée d'une bonne couche de suffisance.

Assaisonner ainsi un gars comme Nicolas, faut oser.  
Nicolas, allez lire son blog : ce blog, on dirait celui d'un moine zen sous anxiolytiques tellement il est paisible ! 
(Alors, si vous y allez en venant du mien pensez à passer par un sas de décompression !).
Tiens, lisez un de ses billets faisant écho à ce qui m'occupe ici, le titre en est : "s'engueuler ou pas". 
Ou bien allez vers celui ci : "Un métier qui fait mal", avant de finir par : "Paul, mon p'tit pôle", histoire de revenir sur le sujet qui m'occupe ici.
Vous avez lu ?
Alors : inhumain le mec, non ?
Un vrai monstre.

C'est tellement facile de se poser le cul bien au chaud devant un ordinateur qu'on allume pour, justement, allumer un mec gentil (et bourré de talent) qui se défonce au quotidien pour faire bien, pour faire mieux, pour donner vie à sa vision du truc. Une vision sacrément humaine, pour ne pas dire humaniste
Tellement facile.
Et tellement indigne.

Bon, à faire dans le grand n'importe quoi autant ne pas se priver et sortir le napalm pour arroser à tout va.





Alors dans la foulée - et sur fond de lobby bordelais promoteur de la fin du Monde - c'est un autre ami y a eu droit, François. 
Un inhumain encore, le père François
Le genre d'inhumain qui, lui aussi, se défonce au quotidien pour faire bon, pour faire encore meilleur. C'est seulement un Bordeaux supérieur son vin, mais c'est un Bordeaux très supérieur.
Parait qu'il a un QI d'huître, François. Ben tiens ...


Puis moi aussi, forcément.
Service minimum avec les habituelles figures imposées, les bonnes grosses tartes à la crème : pour l'essentiel les levures et les foires au vin.

Mes torts ? 
Avoir précisé, au chapitre GD et foires aux vins, que les foires aux vins ne sont pas que des attrape couillon et qu'on peut y trouver de fort jolis vins. Pas que des fort jolis vins, mais aussi de fort jolis vins, qui plus est à des prix attractifs.


Lors d'un récent passage entre deux rayons j'ai par exemple croisé d'une part le Grand Vin de Reignac (2014) - donc un peu de Nicolas Lesaintet, d'autre part, le Clos Manou (2014) - avec, derrière, deux autres personnes qui me sont chères : Françoise et Stéphane Dief.

Dire qu'il y a de beaux vins à Leclerc ?
J'ai aussitôt été catalogué défenseur de la GD, le type qui mène le monde à sa perte et le petit commerce à une mort lente et douloureuse.
Au delà du fait qu'il n'y a pas, dans ma rue, d'artisan fabricant du papier cul avec des méthodes ancestrales (j'imagine que Leclerc les a tous poussés à la faillite) et  qu'en outre je m'emmerde plus à faire mes yaourts : je fais en effet une partie de mes courses en GD et ouais, çà va j'assume très bien.
En revanche, la GD je n'y achète pas de vin (enfin si : cette année j'ai acheté quelques vieilles quilles de Suduiraut à la FAV de Carrouf). 
Je n'y achète pas de vin car je privilégie l'achat direct en production (ouais, même chez les cavistes c'est exceptionnel).
Pourtant, comme je le dis plus haut, le prix en GD peut-être attractif (cf le Suduiraut que je viens d'évoquer et qui m'a fait me dédire). 
Les 2104 de Reignac et du Clos Manou étaient respectivement à 16.90 € et 20.90 €.
Et je crois que c'est là qu'est le vrai problème ! 

Pas dans la vente de vins soit disant foireux (même en répétant c'est à peu près catastrophique jusqu'à la nausée), mais dans le fait que de beaux vins soient vendus à des prix qui massacrent la propriété. 
Car au château le même Reignac est à 23 €, et le Clos Manou à 22 €.
Là il y a un problème.  
, et pas dans les imprécations à la con sur le thème "Le monde court à sa perte et tous les vins sont nécessairement nazes".
Reignac et Manou je continuerai à les acheter à la propriété (en même temps j'ai pas trop de mérite : Manou je l'achète en primeurs, ce doit être à 18 € TTC. On verra en décembre).
Ceci dit, bien sur les rayons vins de GD peuvent être catastrophiques, et nous en serons tous d'accord mais le débat n'était pas là.

A Carrefour (Mondonville - 31), un must du genre.
Puis est venu le temps des levures.
Des bactéries aussi.
J'aime bien les deux.
Ça tombe bien puisque nous avons abordé les deux à propos du levain des boulangers, levain qui est un mix de levures et bactéries.

C'est parti un peu comme "l'affaire des pains à la Reine" que j'évoquais dans un billet à propos de Chaptal.
Pour faire simple je mets ci contre le début du truc.
J'y dis quoi ?
J'y dis que toutes choses égales par ailleurs je ne suis pas sur que l'on puisse distinguer un pain issu d'un levain traditionnel d'un autre pain (encore une fois : toutes autres choses égales par ailleurs) issu, lui, d'un mix de levures et bactéries sélectionnées.
Je suis donc illico devenu (je cite) un "œnologue bordelais, Docteur en certitudes et défenseur des pains industriels de Lidl".
C'est d'une bêtise abyssale. 
Même venant d'un moulin à vent qui se prend pour Don Quichote

Il ne restait plus qu'à devenir indigne, pour ne pas dire ignoble.
Il n'a pas fallu attendre longtemps puisque j'étais rapidement comparé à Rebatet.
Rebatet ?
Lucien Rebatet, pamphlétaire antisémite et collaborationniste qui fut condamné à mort à la libération.





Mais faut pas pousser mémé dans les orties : me comparer à Rebatet c'est une super bonne idée ... encore fallait il aussitôt préciser que si j'étais le Rebatet du vin, je n'avais pas son talent d'écriture.
Ce fut fait.
C'est supra cool : c'était le jour de mon anniversaire.

J'ai pas de souci sur le fait de recevoir des leçons, même le jour de mon anniversaire. Encore faut il que ces leçons soient au moins un peu crédibles ... et surtout que les mecs qui me les donnent le soient eux mêmes, crédibles.
Là c'est doublement raté.



 


Sinon, lors de l'after d'une belle dégustation chez les Sériot j'avais amené le vin orange de Nicolas. Il est pas en vendange mécanique l'orange. C'est intéressant le truc. Deuxième ou troisième fois que j'y goûte, et c'est tant rigolo que perturbant dans l'équilibre, la structure et l'aromatique. Ceci dit c'est pas totalement mon truc, pas ma tasse de thé quoi. C'est pas que j'aime pas, c'est plutôt que ça me cause moins qu'un beau blanc sec et bourguignon. Question d'habitude peut être, donc d'éducation. 

L'éducation, ce truc inutile qui manque à bien des donneurs de leçons.



6 commentaires:

  1. Des expositions importantes impliquent des critiques à leur échelle.

    Mais on peut aussi apprécier chacun d'entre vous :-)

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  2. joli point godwin du sieur pousson! décidément, les "biocon" existent toujours....(avec les guillemets comme il se doit)

    bon pis sinon si tu veux pas croiser la plèbe sur facebook, fallait pas y raconter ta vie :)

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    1. :-)
      Pas faux

      Après tu sais ce que c'est : je suis faible, et Facebook reste mon plus gros fournisseur de visiteurs (peut être pas en qualitatif, mais sûrement en quantitatif).

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  3. rhooo andré, la course aux chiffres, non pas toi ;)

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    1. Non, pas la course aux chiffres. Simplement le constat du type de billet qui génère le plus de visite et de l'origine de ces visites.
      J'aime bien mon billet sur la recette des poires au sirop mais force est de constater qu'il suscite pas l'enthousiasme des foules (mais je pense mettre prochainement la recette des poires tapées).

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