jeudi 15 décembre 2016

2016 : le best of à Fontenil


L'histoire a débuté autour du vin, c'est fatal. 
Peut-être était ce au cours de l'un ou l'autre des repas dégustation (plus dégustation que repas) lors de la présentation des 2015 en primeur ?
En tous cas ça a commencé avec Nicolas, à propos d'un Magnum (c'est une figure imposée) de Meyney (2000) qui attendait dans ma cave.
Forcément, à sacrifier un Meyney il fallait le faire avec Anne. Donc Anne.
Puis on n'allait pas boire que du Meyney (on peut remarque ! je l'ai d'ailleurs déjà fait avec celle de mes filles qui picole et qui n'était pas encore à Chicago. Enfin l'autre picole peut-être aussi, mais comme elle est à Tahiti j'ai plus de mal à le remarquer).
Or i
l m'a semblé qu'au delà de Meyney il fallait rester faire un tour en rive gauche avec le Clos Manou de Françoise et Stéphane Dief, un vin qui m'est cher. 
Puis équilibrer avec la rive droite, c'est fatal. De préférence avec un autre que Nicolas n'avait jamais rencontré, donc François.

Vieille réminiscence de mon passé militaire : non pas FOMEC, mais seulement les rapports en forme de "Quoi, Qui, Où, Quand, Comment, Combien" : restait a minima à savoir où, quand et comment (Pourquoi on savait à peu près).
C'est alors que je ne sais plus qui a évoqué que Dany Rolland serait la bienvenue.
De fil en aiguille nous nous sommes retrouvés à Fontenil le 2 septembre (et aussi le tout début du 3, d'ailleurs).


La soirée à commencé à l'extérieur, face au beau parc surplombant Carles




 
Il y avait les deux Rouyn.
Il y avait François et Florence.

Nous étions 8 et ce fut l'apéritif avec les vins de François, depuis Gargone (2000 et 2010) jusqu'aux Portes de l'Am (2003).
Il fallait oser. 







 
Et puis aussi un superbe magnum de Dom Pé (2002), le seul vin qui n'ait pas été bu à l'aveugle. 
Très beau vin, bien sur. Forcément remarquable.
Bouche ample et ronde, du gras, beaux arômes alliant fruits secs et agrumes confits, notes florales qui rendent le tout plus aérien.
J'ai pourtant des rapports contrastés avec Dom Pé (bien sur au delà du fait que Dom Pérignon himself n'ait probablement rien à voir avec le développement de la bulle en Champagne)
Ca a commencé avec une dégustation de Dom Pé de la collection œnothèque. C'était sensé être un must, je suis pourtant resté - au moins pour partie - sur ma faim, et ce malgré la belle histoire (le beau concept ?) des plénitudes successives qui commençait à poindre (à ce stade je n'ai toujours pas retrouvé mes notes de l'époque).

Ensuite c'est que le chat de mon fils s'appelle DomPé et c'est un genre de magnum, ce chat. 


Je l'aime beaucoup. Même si, parfois, je mets les oreilles de cette belle bête à plat pour lui faire faire l'hirondelle.

En fin de repas il y eut le retour de Dom Pé (2002), mais en 75 cl cette fois. 
Peut-être y avait il des différences éclatantes et inratables entre le magnum et la 75 ... mais à ce stade je n'étais ni dans l'état d'esprit ni dans l'état physiologique de les déceler. C'était juste un très beau Champagne, un très beau vin.

Après il y a eu le premier set, bien sur à l'aveugle comme tous les vins qui suivront.
Blancs secs, ce set.

La Grande Clotte (2015)
C'est très joli. Maturité et fraîcheur au nez (de fruits et de fleurs, sur un léger grillé). Belle bouche ronde, ample, expressive, harmonieuse et équilibrée. Bref : j'aime beaucoup.

 



mais le grand moment vient avec l'autre quille :

Puligny-Montrachet 1er cru "Les Folatières" (1985) - Prosper Maufoux
J'avoue en toute franchise que si j'ai déjà un peu entendu parler de Puligny-Montrachet en général et des Folatières en particulier je n'avais, en revanche, jamais entendu parler de Prosper Maufoux
Au vu de cette bouteille j'avais tort.
Pour moi, le début de l'histoire coïncide avec cette bouteille du Clos de la Mouchère (donc plus "Les Pucelles" que "Les Folatières") bue au tout début des années 90.
Au vu de comment je les bois et les apprécie généralement (c'est à dire trop tôt ... surtout au vu de ce très beau 1985) je me dis que cette première bouteille datant sans doute du milieu des années 80, peut-être même un 85 !?
C'est donc à un voyage pas seulement sensoriel - mais aussi mémoriel - que me conviait ce flacon.

Très beau vin. Doublement.  
Ma bouteille de la soirée, sans aucun doute ! 
Sans aucun doute même si sans doute n'était ce ni la plus prestigieuse ni même celle qui l'emporte sur toutes les autres par son inégalable qualité. Mais la bouteille de ma soirée car elle associait toutes ces choses qui font que le vin peut sortir du simple domaine de la boisson, ou même de ce que l'on qualifie assez laidement d'"analyse sensorielle".
Remarquable tenue et très beau vin. Beau souvenir. Un de plus.

Puis nous sommes passés au rouge.

Mouton Rotschild (1986)
Dès le nez il me semble un peu touché, et çà se confirme en bouche mais bien plus discrètement car il y a du vin, et un sacré beau vin. Quel dommage (mais, encore une fois çà reste vraiment très très beau) : on a là une quille qui aurait pu être d'anthologie par sa puissance, son équilibre et sa complexité.


 

Une assiette "Margaux" dans un verre de Petrus
Petrus (1986)
Relation ambivalente avec Petrus que j'ai si souvent trouvé très beau et me suis, à chaque fois qu'il était bu dans un cadre familial et amical, trouvé à devoir défendre. C'est tout le problème qu'il y a à boire du mythe et à se retrouver avec seulement du vin. Même superbe.
Là, en dégustation à l'aveugle c'est bien, ou même très bien. Étiquette découverte cela devient un rien décevant, avec un côté fané un peu tristounet et un vin qui ne me semble plus être à son meilleur. Le contre coup de l'étiquette ...


Daumas Gassac (1986)
Avec Daumas Gassac j'ai du mal, pas pour les mêmes raisons. Le goûter à l'aveugle est donc la meilleure chose possible, d'autant plus que cette quille était remarquable !
Superbe nez depuis les fruits noirs, encore, jusqu'au bois précieux. Belles notes d'évolution.
Superbe matière, beau volume, tanins de grande qualité. La puissance est domptée et le tout est joliment harmonieux, longue finale. 

Top vin.

un autre set prend le relais :

Harlan Estate (1996)
Ça, çà envoie salement !
La vraie quille de la soirée, si j'essaie de mettre de côté l'affect lié au Puligny-Montrachet.
Nez magnifique (épices douces, fruits mûrs (prune / cerise noire), belles notes empyreumatiques. Bouche dense, concentrée, mais tanins soyeux. C'est ferme et doux à la fois, soutenu par une trame acide qui équilibre et prolonge le tout dans une longue et belle finale.
Superbe.

La Mission Haut Brion (1996)
Maudit bouchon.
Que dire d'autre ?

L'Ermite (1996) chez Chapoutier
Ça aussi c'est une très très jolie bouteille qui s'ouvre sur la truffe et les fruits noirs, un chouïa de cuir noble (animal mais pas Brett, autrement dit). Très beaux arômes de bouche, complexes, précis et enchanteurs. Vraiment.
Jolie matière, élégante, charmeuse, avec une finale à la longueur de folie.

Très beau vin (même si, à titre personnel, je préfère la musculature assagie d'Harlan Estate). 



Une dernière série pour la route ?

Meyney (2000) - En Magnum
Ça vient de ma cave et j'ai une faiblesse coupable pour ce cru.
Donc j'ai aimé.
Beaucoup.
Voilà.





Défi de Fontenil (2000)
Superbe.
Comme à chaque fois que je goûte ce cru je suis emballé. 
Alors çà ne change pas avec ce vin encore très jeune par sa couleur puis par son nez où derrière la palette de fruits rouges et noirs, mûrs, pointe l'humus.
La bouche est pleine, dense, équilibrée avec des tanins de grande qualité, suaves. C'est très long, très harmonieux. Superbe vin.


 
Latour (2000)
Y a du vin, et du beau vin.
Pour autant, ne le trouvant pas totalement convaincant je passe
malgré tout à côté.
Oui je sais, ça fait con, dit comme çà.




Hospices de Beaune - Clos de la Roche GC (2000) - Cuvée Cyrot Chaudron
Ça aussi c'est bien, très bien même. C'est même beaucoup mieux que "bien" ou "très bien".
Mais là aussi je suis passé à côté : je suis un chieur c'est bien connu.
Non, c'est juste que même si je peux, œnologiquement parlant, reconnaître les qualités de ce vin - et il en fourmille -, quand on en vient au plaisir, aux émotions : et c'est quand même (avant tout ?) le but ... c'est pas ma tasse de thé.
Pas ce que je recherche quand on en vient au pur plaisir. Bref : c
'est splendide, mais çà ne m'éclate pas. La différence entre la note technique et la note artistique ? ou bien mon côté bourrin ?

Pour finir (avant le retour à Dom Pé 2002) un "petit" Yquem ?

Yquem (1996)
Putain que c'est bon çà !
Le nez est incroyable ... et la bouche aussi en fait : équilibre de folie grâce à cette remarquable trame acide. Superbe d'harmonie, très belle texture et large palette aromatique d'une grande pureté.
C'est un authentique feu d'artifice liquide !
(aujourd'hui je ne sais plus si c'est sur cette bouteille que nous avons chanté "joyeux anniversaire", mais on aurait pu !).





Ensuite, il ne restait donc plus qu'à revenir au Dom Pé (2002) avant de continuer à deviser plus ou moins doctement.


Sans oublier de remercier notre hôte
qui nous avait ouvert (un peu ) ses placards et (beaucoup) sa cave. 
Sans y passer des heures, il faut quand même dire qu'au delà du cadre et des vins, remarquables, tant l'accueil que les mets étaient eux aussi plus que parfaits.
 

Vers 3 h du matin les bouteilles étaient rangées et il ne restait plus qu'à repartir (de mon côté je rangeais 2 Clos Manou dans le coffre de Nicolas, juste pour dire ...)







 
Pour résumer :
c'était évidemment ma dégustation de l'année, alors ce coup ci pas besoin de faire de best of rétrospectif dans quelques jours !



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