vendredi 27 janvier 2017

Les macarons étaient parfaits


Je l'évoquais brièvement dans un billet post salon : Vinitech 2016 fut l'occasion de serrer des paluches et faire des bises.
Évoquer le bon vieux temps, tout çà.

Dans le lot des retrouvailles il y eut Catherine
Nous nous sommes croisés alors que j'officiais chez Lallemand et elle chez Réussir Vigne. C'est elle qui avait pondu un article (avec ma tronche glauque : putain j'avais pourtant bien du dire de pas prendre mon mauvais profil !) qui ne m'avait pas attiré que des amitiés puis qui, plus tard, au premier rang du Palais des Congrès de Pau faisait la claque avec mon fan club pendant et après ma conf au Congrès des Œnologues ... qui finissait comme à OK Corral.

Maintenant elle est prof et est passée sur le salon avec certains de ces élèves de BTS Viticulture Œnologie
De fil en aiguille, de levure en bactérie plutôt, les choses en sont venues à organiser une dégustation à la maison. Avec quelques vins d'essais (comparatifs de levures et tanins), mais aussi de vrais vins de vrais vignerons. Histoire de papoter et discuter et poser les choses d'un point de vue aussi rationnel que possible, mais sans oublier le sensoriel. Et inversement.

La dégustation s'est faite chez moi, 2 semaines plus tard, avec les étudiants et quelques amis.
Une grosse paire d'heures avant j'ai préparé les vins :
- un comparatif de levures sur une même vendange, toutes choses égales par ailleurs puisqu'il s'agissait de comparer les bestioles,
- la même mais avec des tanins œnologiques  (dans ce cas là des tanins de raisins),
- une série de vins d'origines et de millésimes différents,
- 3 bordelais différents mais tous en 2007. Pourquoi 2007 ? Parce qu'on en a dit pis que pendre alors que ces vins sont de jolis vins qui se goûtent si bien, en ce moment.



 

 
Pour leur part, les petits sont venus avec des macarons.

De toute évidence ils savent me parler !









 Le but de ce blog n'étant pas de faire de la pub en faveur de certaines bestioles (pas plus que de tailler des croupières à d'autres) disons juste que la première partie a permis de montrer qu'il y a des nuances, voire des différences, selon la bestiole qui a fermenté le mout. 
Il faut toutefois dire que l'on était sur une matière première pas des plus convaincantes, avec en particulier une maturité perfectible (oui, en 2017 je fais dans l'euphémisme). 
Du coup et par exemple, la souche qui touche moins aux acides organiques a, sur ce coup là, sorti un vin un rien raide. Pour autant la matière première était reconnaissable quelle que soit la levure, et l'âne n'a pas été transformé en cheval de course.

Nous sommes, ensuite, passés aux "vrais" vins.
Avec des bonheurs divers : 



Terroir - 2012 du Château Les Graves de Viaud (Côtes de Bourg)
Ce vin, je l'avais goûté avec plaisir un peu plus de 6 mois avant (j'en parle là), et ramené 2 quilles pour goûter à nouveau, juste pour dire.
Mauvaise pioche sur les deux quilles : notes animales et finale métallique.
Oui : Brettanomyces dans ses œuvres. Ou alors bonne pioche sur la précédente bouteille ? Va savoir ...



Quoiqu'il en soit, cela pointe les limites de la dégustation et des commentaires qui en découlent : on ne goûte jamais qu'une bouteille donnée, à un moment donné et dans un contexte précis.

  



Puy Destours - 2013 (Fiefs Vendéens)
Joli fruit. Bouche fraîche, jolie matière, du fruit.
On n'est pas dans le grandiose mais dans le joli vin de picole, simple et bien fait. 
Un vin sympa et plaisant à boire sans avoir à se poser de question métaphysique.

 
 

Grains de Revel - 2013 du Domaine Revel (Côteaux du Quercy)
Le nez a une bonne base, mais au milieu pointe une vilaine note pharmaceutique.
Ça se confirme avec une bouche douceâtre qui tire sur les notes de colle scotch, et s'achève par une vilaine finale métallique.
Cette bouteille m'a été confiée par Maxime et Isabel qui voulaient savoir ce qu'en j'en penserais .... ben je n'en pense pas que du bien.



Grand chêne - 2014 du Domaine Lombard (Brezème). 
D'emblée, grosse réduction malgré le carafage. Mais, bon, sur un 100 % Syrah si jeune, c'est la routine. Rien de réellement problématique.
En bouche la partition est un différente : là aussi ce n'est pas un modèle de netteté, avec ce côté nettement animal qui ressort en finale. Rebelote.

 

Ensuite, nous attaquons la (petite) série de 2007 :




Le Château Meyney - 2007 (Saint Estèphe) est fondu, quasiment crémeux
Belle structure, de l'harmonie, élevage fondu.
Je continue à beaucoup aimer ce cru.

Le "1901" du Château Beauséjour (Montagne Saint Emilion), - 2007 est aussi un très joli vin.
Bouche ample, avec de joli tanins et un équilibre de bon aloi. Élevage bien intégré au vin. C'est suave et très plaisant.
Très joli vin qui doit pouvoir encore attendre un chouia.






Cuvée Gargone du Domaine du Bouscat - 2007 (Bordeaux Supérieur)
Bon, encore un gaillard qui "bouscate"
Dès l’œil : grosse charge. Nez puissant qui témoigne qu'il y a du vin, avec l'élevage qui va avec.
Bouche puissante, tanins denses, au grain serré.
Jolis arômes de bouche (fruits noirs et notes florales en sus des notes boisées épicées)
A oublier en cave.





Les autres invités n'étaient pas venus les mains vides et là c'est moi qui goûtais à l'aveugle :



Château La Rousselle - 2010 (Fronsac)
C'est très joli çà !
Du fruit noir, des notes poivrées et de bois précieux.
Bouche dense et équilibrée. Agréable longueur.
Belle matière et gros potentiel.
Toutefois très joli dès maintenant, dans un style puissant. 




Il faut bien qu'à un moment ou un autre la discorde arrive et que la belle unanimité des dégustateurs s'achève sur l'un ou l'autre vin. 
Cette fois ce fut sur le dernier de la série :




Les Portes de l'Am - 2009 du Domaine du Bouscat (Bordeaux Supérieur)
Dès l’œil il est évident qu'il y a du monde et que c'est jeune.
Nez expressif, complexe. Pour le coup çà "bouscate" pas.
En bouche, grosse matière et joli fruit. Pour autant l'acidité ressentie est perturbante. 
La vivacité se ressent aussi - surtout ? - dans les échanges qui s'ensuivent à propos de ce vin et de son style réel ou supposé.


A revoir dans quelques années une fois que le vin et les esprits se seront calmés ? 



 
Le lendemain j'ai fait un sort aux macarons.
Ils étaient parfaits.


Comme on dirait à l'ANPAA à consommer avec modération, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

 

2 commentaires:

  1. Ah ces sales bestioles de bretts...!
    Syrah cépage réducteur, jamais facile à aborder si jeune, en effet.
    Quand tu dis colle Scotch et vilaine finale métallique tu penses aussi à des phénols ? Ou de l'acétate? Je suis bien limite niveau oenologie...

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  2. Ben en fait je pense au combo des deux.
    Tant qu'à faire ...

    Sur la même séance cour les commentaires de daniel :
    http://rivedroite.canalblog.com/archives/2017/01/27/34856310.html

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