vendredi 17 mars 2017

Les levures, le Pauillac, le Vouvray et le caviar ...


Non, pas encore un truc sur les levures !?
Non.
Enfin si, un peu quand même.
Un peu car, avec Laurent, nous nous sommes en quelque sorte rencontrés sur un gisement de levures.



Il en reste quelques miasmes, dont cette redoutable photo qu'il vient d'exhumer.
Ce devait être à Vinitech au début des années 2000.

En première analyse on retiendra que j'étais le rebelle de la bande, quasiment le punk de service, puisque le seul à avoir retroussé ses manches de chemise.
Puis j'étais aussi aussi le seul à ne pas avoir de cravate rayée, mais çà c'est seulement parce que j'ai toujours eu un sens aigu du ridicule.

Pardon ?

Oui, je sais : le slogan.
"Une collection de 170 levures pour des vins personnalisés"

Fallait oser.
J'y suis pour rien, note bien.

Bref on s'est connus dans la levure avec le Laulau et, depuis, on se croise à intervalles irréguliers et plus ou moins espacés.




La dernière fois c'était il y a quelques jours, à la Casa Fuster, et j'avais sorti le service de fiançailles de ma grand-mère.

Si je casse une assiette, je pleure.








Nous avons commencé par nous faire
la main (enfin surtout le palais) sur le Royale Réserve Non Dosé de Philiponnat. C'est toujours aussi bon çà.

Droit, vineux, avec une très belle aromatique.
J'aime décidément beaucoup.

J'aime tellement que c'est quasiment devenu mon Champagne de référence, ces derniers temps.




Tellement bon que quand il a fallu s'attaquer au caviar ben y en avait plus assez du Champagne.

Faut dire qu'on a picolé en jouant les anciens combattants.
Avec le fond sonore qui va bien.

Enfin, plus ou moins :


Ouais : le caviar.

L'osciètre, de
Sturia.
C'est très très bon, l'osciètre. En tous cas cet osciètre là.

De prime abord, son grain est ferme, puis "plop" çà craque et fond aussitôt dans la bouche.
Et là, autant, au nez, c'est
 aromatiquement neutre, autant en bouche il y a des saveurs et des arômes d'une rare complexité.

En fait c'est un peu comme avec le pinard : tu tombes une quille et c'est à peine si tu peux concevoir que çà vient du raisin ce truc !

Ben le caviar en général et l’osciètre en particulier : c'est du pareil au même, alors oublie les odeurs de marée et de poisson, car on est plutôt sur les fruits secs (noisette) et, quand même, de belles notes iodées.

Comme le Philiponnat était cuit, j'ai ouvert un Vouvray du petit Hérivault (Silex (2012) au Domaine d'Orfeuilles) et çà passait super bien sur l'osciètre.
Puis c'est cliché, non, le truc caviar / Champagne ?

En outre il y
a de jolis vins au Domaine d'Orfeuilles.



De plus, quand j'y passe on parle un peu cornes de vache et soufre de volcan (ouais : ils sont en biod) et c'est rigolo.
D'autant plus rigolo qu'on  sait pertinemment qu'on ne se convertira pas (pour ce 2012 il était en conversion, d'ailleurs. Depuis c'est acté).
Alors y a pas d'enjeu.
A part bien sur se faire un peu circuler le sang en rigolant.
Puis se dire ce qu'on pense de jolis vins.

Ben là j'en pense que du bien.
Fleur blanche (acacia), fruit (poire), notes minérales (ben ouais : le silex ! c'est fatal ...), pointe vanillée.
Beau volume en bouche, avec le squelette acide qui sous tend et allège tout çà.
C'est vif et ample à la fois et çà se marie très bien avec la structure et l'aromatique du caviar.

Beau cépage le Chenin !
Et bel accord avec l'osciètre.

Ensuite j'avais prévu un lapin à la tapenade.
Il a cuit lentement le bestiau.

Et pour tenter un autre accord que la dernière fois (avec le superbe Pic Saint Loup d'Anne Donadieu (Aguirre (2009) du Château La Salade - Saint Henri)) j'avais préparé (carafé à 17h30 pour 21 heures et quelques) un Lynch-Bages (2012)


Oui, je sais : c'est un infanticide.

A l'ouverture, il était droit dans ses bottes le petit père !
Cadenassé à double tour, austère en diable ... tout en annonçant jà une matière solide mais un bel équilibre, et un élevage bien géré.
Après quelques heure de carafe çà sent le Cabernet de belle maturité et de belle facture (fruité séduisant) avec, au second plan, un élevage qui ponctue la bouche avant de la prolonger en finesse.
Ce n'est clairement pas le genre de vin sur lequel on va danser la tarentelle (quoiqu'en sifflant quelques flacons ...) tant on est dans un style puissant, du genre strict ... mais tout de même avec la profondeur et l'élégance qui vont bien.
C'est très satisfaisant aujourd'hui, après un carafage appuyé. Ce sera surement vraiment très bien dans une dizaine d'années.


Nous avons fini par une salade d'oranges à la cannelle et la fleur d'oranger.

Y avait rien à boire, à part la fleur d'oranger.

Autant dire qu'on va pas passer la nuit dessus.





2 commentaires:

  1. Rhooo le collector !
    Avec Sibylle miniature.
    Laulau va bien ?

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    1. oui, c'est du lourd. Trouvé par LE DIT Laulau dans ses archives.
      Il avait l'air d'aller pas mal (Il t'a fait passer son "le vin de mon père" ?)
      (Sibylle miniature c'est un pléonasme, non ?)

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