samedi 19 août 2017

Montsant, Priorat et Haendel



Un relativement récent passage en Espagne - vers chez les catalans - a été l'occasion de beaucoup goûter (des vins mais aussi quelques huiles d'olives).
Tôt ou tard j'arriverai bien à sortir les quelques billets que j'ai prévu de pondre à propos de tel ou tel domaine visité à cette occasion ... voici déjà un aperçu de vins des appellations Montsant et Priorat produits par des Domaines auxquels je n'ai pas prévu de consacrer un billet (et c'est parfois dommage, j'en suis d'accord !).

Ces comptes rendus peuvent se lire en écoutant Xavier Sabata, le contre ténor catalan.
Pourquoi lui ?

Parce qu'au delà du fait que, tout comme les vins, il est catalan : il y a en outre - il y a surtout ! - qu'il me semble être ton sur ton avec la plupart des vins dont je vais parler !
Oui : sous de semblables abords du type "bad guy bodybuildé", vins et chanteur font le même genre d'association entre énergie et délicatesse.
Enjoy !









MONTSANT
Acùstic (2014)
Robe intense, jeune, d'une teinte rubis. Premier nez réduit puis fruits noirs, coco, une pointe de prune. Attaque ronde, souple, sur une jolie matière. Équilibre en bouche. Beau fruité. Finale elle aussi sur le fruit, léger boisé qui ressort peu à peu et est bien là, en finale.
Vin plaisant, au bel équilibre malgré une finale perfectible.


Furvus (2013)
Robe intense, de teinte rubis présentant un début d'évolution. Nez réduit, et marqué par le bois. Puis fruits noirs qui pointent. Attaque ronde, puis chaleur en bouche. Tanins très présents qui mènent à une finale sèche. Pas super net et finale bien trop dure.
Pas mon truc.

Peraj Ha'abib (2014)vin kasher
Robe soutenue, avec légère évolution. Nez de fruits noirs, avec léger boisé. Puis belles notes de fleur fanées, un côté "pot pourri". C'est fin et très agréable. Notes fumées en arrière plan. Attaque souple, bouche ronde. Boisé plus sensible en bouche que le nez ne le laissait penser. Sans doute mis en avant par la fraîcheur elle aussi marquée. Milieu de bouche pourtant plutôt équilibré qui mène à une finale sévère malgré la sucrosité de l'élevage.
Pas mal – surtout du fait de ce joli nez - mais manque sérieusement d'harmonie.

Espectacle (2016)
A l’œil, ce 100 % Grenache est déjà évolué. Nez étonnant (et enthousiasmant !) où se mêlent vieux fruits, fleurs séchées et peau d'orange. Bouche d'une grande souplesse, à la très belle aromatique : fruité (pruneau) / fleurs séchées / fleur d'oranger. En bouche c'est très fin, très léger, presque évanescent et cette structure très légère mène à une finale incroyablement longue. C'est très intéressant, extrêmement réjouissant ... et çà me fait perdre une bonne partie de mes repères !
J'aime beaucoup.





PRIORAT
GR 174 (2016)
Robe très soutenue, jeune. Nez lacté (diacétyle) avec un côté yaourt aux fruits qui n'est pas enthousiasmant (sauf dans un yaourt). Notes de fruits mûrs. Attaque ronde, jolie matière mais astringence finale. Ça manque cruellement d'harmonie avec cette belle entrée en bouche qui mène à la sècheresse. Pas sur que le temps change grand chose à l'affaire.

Coma Vella (2011)
Grenache – Carignan à la robe intense et encore jeune. Nez ouvert où girofle et vanille dominent. Ensuite notes de vieux fruit (pruneau) à l'alcool. Attaque ronde, jolie qui structure le vin mais préserve sa souplesse. Notes de fruits cuits et de fleurs fanées. Fraîcheur qui préserve l'équilibre du vin.
Beau vin.

Ferrer Bobet (2012)
Couleur très soutenue, aux notes d'une grande jeunesse. Boisé élégant et plutôt bien fondu même si les notes fumées / épicées sont encore sensibles. Attaque fraîche, puis association de rondeur et de tension. Beau volume grâce aux tanins ronds, soyeux, qui tapissent la bouche sans aucune agressivité. C'est tout à la fois très concentré tout en restant souple. Harmonie et remarquable équilibre en bouche. Beau fumé / vanille qui prolonge la bouche remarquablement longue.
Superbe vin.

Roques de Samso' (2010)
Robe très soutenue, dont la frange commence à évoluer. Au premier abord le nez semble douteux avec un côté vieux bois, champignon qui peu à peu disparait et laisse la place à la violette, aux épices douces. C'est très floral et aérien. Après la premier contact le nez se révèle fin, complexe, élégant. Bouche structurée, la matière est belle bien qu'un peu rustique. Tanins soyeux, suaves. Bouche harmonieuse et élégante, ample puis longue finale dans laquelle se mêlent fleurs fanées et épices douces.
Après une première impression douteuse le vin se révèle superbe.


La musique, le vin, l'interprétation de la partoche : tout çà c'est un peu pareil, non ?
Je l'évoquais (ou du moins le tentais) dans un précédent billet.
On peut aussi - encore - écouter (en français) Xavier Sabata évoquer ce genre de choses que l'on pourra sans doute, si on le souhaite, transposer dans le monde du pinard :





3 commentaires:

  1. J'aime bien les vins qui vieillissent sans mourir. Or j'ai acheté plein de noms illustres du Priorat dans les aéroports espagnols. Je les ai conservés dans la cave du labo pour les partager avec mes collaboratrices. J'ai apparemment eu le tort d'ouvrir à chaque fois la plus âgée des bouteilles. Et nous sommes tombés sur un flop oxydé-phénolé dans 100% des cas. As-tu un antidote grand maître ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A part n'acheter que les bouteilles conseillées sur ce blog, je vois pas.

      Supprimer
    2. c'est bien, déjà.

      Supprimer