lundi 2 octobre 2017

12 pesticides


"le vin normal contient 12 pesticides.

Le vin naturel aucun"
C'est l'accroche de la vidéo que Nicolas m'a fait suivre.
Et il a bien fait, car c'est vrai que ça fait salement envie ce genre de pignolade.

La vidéo, on la trouvera en suivant ce lien.
La vidéo et, bien sur, son texte d'accroche.



Car au delà du titre, le texte introductif donne le ton :

"votre bouteille de vin renferme un cocktail de pesticides. Mais aussi jusqu'à 70 additifs chimiques. La solution pour boire un vin encore meilleur et sain ? Le vin naturel, nous explique Antonin Iommi-Amunategui dans cette tribune vidéo"

Déjà, commencer par le titre.
Donc :

"le vin normal contient 12 pesticides.
Le vin naturel aucun"
C'est très con, et probablement diffamatoire.
Très con et probablement diffamatoire car j'imagine qu'à la lecture, le lecteur lambda comprendra comme moi que soit on boit un vin (dit) naturel, donc exempt de cochonneries, soit on boit un vin qui n'est pas (dit) naturel et que de facto ce vin contient donc 12 pesticides.
Même avec la meilleure volonté du monde, je ne vois aucune autre façon de comprendre ces deux phrases catastrophiques.

Une fois la piteuse mise en bouche passée, quelles sont les explications d'Antonin Iommi-Amunategui que l'on nous annonce ?

Revue de détail :

"Quand vous ouvrez une bouteille de vin conventionnel, vous risquez de boire un cocktail de 12 pesticides. Vous ouvrez une bouteille de vin naturel, vous allez boire un vin sans camisole chimique qui va danser dans votre verre, qui va danser dans votre bouche, et qui va vous réjouir."



Je préfère en rire.
En rire jusqu'au "cocktail de 12 pesticides" sur lequel je reviendrai plus tard.

Reste la "camisole chimique".
Est ce à dire que la présence de pesticides - à supposer qu'il y en ait - est à même de transformer le goût du vin ? Que les pesticides transforment l'approche sensorielle ?
GE Séralini avait essayé de démontrer un truc du genre et c'était pitoyable.
J'en parlais dans un billet qui commence à dater un peu.
Il y eut aussi, dans la RVF, la mascarade des "Beaujolais au goût d'ananas conféré par le désherbage chimique", et j'en parlais dans un autre billet.

Bref, jusqu'à preuve du contraire ce truc relève du foutage de gueule.
Mais si quelqu'un a un travail digne de ce nom à m'opposer, je suis preneur.

Voilà pour la camisole chimique imposée par les pesticides.
Mais qu'en est il de la présence des pesticides dans le vin ?


"dans 100% des vins conventionnels, allez 99% parce qu'il y aura quelqu'un qui va trouver une exception, on trouve notamment des résidus de pesticides.
Les pesticides ce sont des poisons, c'est toxique. Pesticide, c'est pour tuer"

Je suis au regret de vous informer du fait qu'il y a des traces de pesticides dans 100% des vins, et ce quel que soit leur mode d'élaboration.
Ben oui : le cuivre est un pesticide. Un truc qui tue quoi (ouais : la dose on s'en branle, faut juste retenir que les pesticides ça tue).
Or du cuivre il y en a dans tous les vins.
A tel point que l'on peut à bon droit considérer que le vin contribue significativement à l'apport de cuivre dans l'alimentation humaine (besoins en cuivre de l'ordre de 1.5 à 2 mg par personne et par jour pour une teneur variant le plus souvent de 0.5 à 1 mg de cuivre par litre de vin).

Autrement dit : le mantra des pesticides ça va bien deux minutes, pas plus !
Cette question mérite d'être abordée, mais pas au moyen de ce globiboulga grotesque !

Car il est vrai qu'il y a plein de pesticides salement plus -cides que ce bon vieux cuivre.

Comment sont ils évoqués ?
"Un magazine comme "Que Choisir" a fait une enquête il y a 2 - 3 ans qui a révélé que, voilà, on pouvait trouver des cocktails de 10 - 11 - 12 pesticides dans une seule bouteille de vin, y compris des pesticides interdits en France."



Ouais : l'UFC a fait cette étude.
D'ailleurs j'en parlais aussi sur ce blog, ça se passait là et je répondais déjà à AIA (un bon client).

L'étude de l'UFC se penche en particulier sur le cas de Mouton Cadet, soit 14 millions de cols dans le monde en 2012.
Une paille.
Et les analyses y trouvent trace de pas moins de 14 pesticides différents.
Pas de jaloux : il y en avait 9 dans une bouteille d'un autre gros faiseur : Baron de Lestac.
J'avoue ne pas me souvenir avoir goûté à l'un ou l'autre de ces vins et ne me prononcerai donc pas sur leur qualité réelle ou supposée, ni sur leur rapport Qualité / Prix.
Ce n'est de toutes façons pas le sujet.

Respectivement 14 et 9 pesticides différents ?

A partir de ces chiffres deux options :
- hurler au scandale et à l'empoisonnement des consommateurs par ces vignerons qui arrosent leurs vignes de monstrueux cocktails de pesticides,
ou
- se demander pourquoi ?

Pour ma part, il me semble que l'on comprendra sans peine que, pour de tels volumes de vins, il y a forcément assemblage de la production d'un grand nombre de fournisseurs - de vignerons - qui sont implantés sur des secteurs différents et soit
y sont confrontés à des problématiques différentes, soit y répondent à une même problématique de diverses façons.
Dès lors, rien de plus normal à ce que l'assemblage des vins de cette foultitude de producteurs témoigne de la variabilité de leurs choix, avec pour résultat une forte variabilité de la nature des éventuels résidus.
Dont on trouve trace dans le produit final.

Restera bien sur à se poser la question de leurs doses respectives et, évidemment, de la façon de réguler et contrôler le bouzin, s'il s'avère qu'il a besoin de l'être.
Mais là dessus notre "informateur" est silencieux.
Faut dire que c'est pas vendeur.
Pourtant sans doute y a t il là une vraie question.

Mais, encre une fois, c'est beaucoup moins vendeur que l'évocation de : "
pesticides interdits en France".
Là aussi on n'informe ni ne nuance, on assène.
Bien sur çà fout les jetons de savoir qu'il y a, dans le vin, des "pesticides interdits".
De quoi s'agit il ?
De la carbendazime.

Pourquoi ce produit dans un vin ?
Deux options : soit il y a eu utilisation de carbendazime (et c'est pas cool), soit il y a eu utilisation de thiophanate-méthyl, un produit autorisé ... qui se dégrade en carbendazime.
Et bien malin qui sait expliquer la présence de carbendazime par l'une ou l'autre option.
Moi j'en suis incapable.
Je me garderai donc bien de hurler au scandale (qui existe peut-être ? ou pas).
Mais ça aussi c'est pas vendeur.

On enchaîne :
"ce sont des vins qui sont faits avec tout ce qu'on a le droit de mettre dans le vin. C'est à dire environ 70 produits œnologiques additifs intrants chimiques."
Vas y garçon, je suis prêt : tu nous les liste les 70 produits œnologiques additifs intrants chimiques.
Attention hein ?

Il m'en faut 70 !

Et ils faut que ce soient des PRODUITS ŒNOLOGIQUES ADDITIFS INTRANTS CHIMIQUES.

Prends ton temps je suis patient, d'autant que je crains que tu n'aie un peu de mal.

C'est le problème majeur quand on tient absolument à associer les mots clefs anxiogènes.

Mais il nous en cite quelques uns, autant s'y intéresser aussi :

"Il y a tout, il y en a pour coller, donc de la colle de poisson, de l’œuf. Tout ce qu'on trouve, en général, qui est interdit pour les allergènes on peut le trouver dans le vin. Sauf qu'on ne le sait pas parce que l'étiquette d'une bouteille de vin n'est pas obligée de mentionner tous ces produits utilisés.
La seule chose qui doit être mentionnée ce sont les sulfites. Sans dire combien. 10 mg/l ou 400 dans certains vins."

Plusieurs remarques :
- il n'échappera à personne qu’œuf et poisson ne sont pas chimiques mais biologiques. Et ce n'est pas qu'un détail de langage ou une approximation de plus.
- il faudra être un peu plus au point côté pinard pour savoir qu’œuf et poisson ne sont pas des additifs mais des auxiliaires. Donc pas des produits que l'on ajoute au vin mais plutôt des produits qui sont utilisés dans le cadre de la vinification ... puis qui sont éliminés au cours de cette élaboration. Ce ne sont donc pas des additifs puisqu'ils ne sont pas présents dans le produit final.
- le niveau ultime est réglementaire et notre ami, qui a librement choisi ses exemples (poisson et œuf), nous montre (au choix) son ignorance crasse ou sa profonde malhonnêteté.

"
Tout ce qu'on trouve, en général, qui est interdit" ?
Mais encore ?

Allez, je gagne du temps en faisant ce rappel des textes en vigueur :

"Les vins élaborés à partir de raisins de la récolte 2012 et étiquetés après le 30 juin 2012 doivent mentionner les produits à base de lait ou d’œuf utilisés en tant qu’agent de filtration/collage ou de conservation si des résidus de ces produits sont décelables à l’analyse dans les vins traités.
Ces mentions accompagnées éventuellement d’un pictogramme informatif européen, doivent figurer sous l’expression « contient, etc. » suivie du nom de la substance allergénique dans les termes suivants :

  •  pour l’œuf et les produits à base d’œuf : « œuf », « protéine de l’œuf », « produit de l’œuf », « lysozyme de l’œuf » ou « albumine de l’œuf » ;
  •  pour le lait et les produits à base de lait : « lait », « produit du lait », « caséine du lait » ou « protéine du lait »."
Oui : à l'inverse de ce qu'AIA prétend d'une part il n'y a pas interdiction et, d'autre part, il y a bien obligation légale de mentionner la présence de ces composés !

Deux produits de collage sont concernés par l'étiquetage obligatoire : albumine d’œuf (vins rouges) et caséine de lait (vins blancs).
Le fait de les utiliser oblige à l'indiquer sur l'étiquette, sauf à fournir un résultat analytique (méthode réglementée elle aussi) attestant de l'absence de résidu de ces produits de collage dans le vin fini
(le test Elisa a une limite de quantification à 0.5 mg/l et une limite de détection à 0.25 mg/l) .

Il est peut-être utile de faire de petits rappels à l'attention de ceux qui fulminent contre le méchant progrès qui fait utiliser des cochonneries qui n'ont rien à voir avec le vin :
- le collage (= clarification du vin) à la colle de poisson est attesté depuis, au bas mot, le tout début du XVIIème siècle.
- le collage des rouges à l'albumine d’œuf est indirectement à l'origine des canelés de Bordeaux. Un truc qui date du 18ème siècle.
Dans les deux cas il s'agit donc du bon vieux temps, des pratiques ancestrales, du retour à ce que faisaient nos grands parents. Tout çà.
Alors, encore une erreur de casting ?
Ça commence à faire beaucoup non ?

Revenons aux assertions de la vidéo :

"Les vins naturels, eux, ne s'autorisent aucun additif, il n'y a rien que du raisin, à l'exception possible, mais surtout pas encouragée, de doses minuscules de sulfites.
Donc c'est de l'ordre de 1 à 10 mg/l c'est vraiment rien, ça ne se sent pas"
Parce 20 ou 30 mg/l ça se sent ?
Bon, sinon, je confirme qu'1 mg/l c'est vraiment rien. En effet.
On se rassure : je vais éviter le cours de chimie sur le soufre dans le vin et ses formes combinées / libre / actif.
Mais, bon, 1 mg/l hein, franchement ...

Puis le meilleur est à venir :

"c'est à la mise en plus, donc on ne touche pas pendant la fermentation, çà n'a pas d'impact pendant la fermentation. C'est vraiment au dernier moment, on en met, on en injecte un tout petit peu pour stabiliser le vin, pour pas, s'il est transporté aux Etats-Unis ou au Japon, parce que le vin naturel marche très très fort dans le monde entier il faut le savoir, pas seulement en France, pas seulement à Paris dans le Xème arrondissement chez les bobos. C'est pas une mode, c'est un mouvement planétaire le vin naturel aujourd'hui"
Magique.
Bon tellement magique que je connais personne qui ajoute du SO2 pendant la fermentation (sauf en cas de déviation bactérienne).
Au vu des autres approximations c'est un péché véniel.
En outre, si t'envoies ton vin au Japon ou aux USA et que tu mets 1 mg/l de SO2 pour protéger ton vin, comment te dire ... t'as intérêt à avoir un putain de pH et une grosse structure tanique (avec un bouchage qui tient la route).



Puis on nous annonce cette question essentielle :



"C'EST QUOI LE VIN NATUREL ?"
Bon perso, ma conviction est que le vin est culturel et non pas naturel, et je m'en suis déjà amplement expliqué.
Par exemple dans ce billet.
Mais çà empêche pas d'être curieux :

"alors le vin naturel c'est d'abord un vin biologique, donc c'est fait à partir de raisins issus d'une viticulture biologique ou biodynamique. Donc des raisins sains, des raisins propres qui ne contiennent pas de pesticides de synthèse chimique, ni engrais chimique.
Donc à partir de ces raisins sains, on fait du vin naturel comment, en laissant le raisin s'exprimer.  Donc pas de levure de laboratoire, des levures indigènes, des levures qui sont présentes naturellement sur le raisin. Et surtout on n'utilise pas les 70 additifs possibles en viticulture traditionnelle."
Bon, d'un point de vue vitivinicole, un "raisin propre ... sain" ce n'est pas que un raisin exempt de pesticides hein ?
Ceci dit : si t'arrive à lancer une fermentation avec un raisin farci de fongicides tu me fais signe car çà m'intéresse vivement ...
La levure fermentaire est en effet particulièrement sensible aux fongicides, donc vaut mieux rentrer des raisins qui en sont exempts. Et ce quel que soit le label que l'on revendique.

A propos de levure : mais que c'est casse burnes ce "
levure de laboratoire" qui est sempiternellement ressassé.
C'est un non sens.
Ça vous intéresse ?
Plutôt que de regarder des vidéos absurdes allez faire un tour sur mon blog !
Oui je sais ... m'enfin bon là y a urgence.

Il s'agit de 4 billets consécutifs qui reprennent grosso merdo les interventions que je fais en DNO depuis 1999 (ça a un peu évolué depuis 1999, hein ?), et j'ai la faiblesse de croire qu'avec ça vous aurez une idée un peu plus précise de ce que sont et font les levures et pourquoi - et comment - elles le font ou pas.
Y a un moment ou il faut arrêter de déconner.
Donc on arrête de déconner avec mes copines les levures :

1. les débuts de l'étude de la fermentation alcoolique
2. premiers travaux sur les levures fermentaires
3. le développement industriel des levures œnologiques
4. des levures de terroir à la construction de souches



Enfin vient la clef de voute :

"ET LE GOUT ?"


"Le goût est différent. La viticulture conventionnelle standardise les goûts. C'est des goûts qui vont surprendre au départ, mais qui une fois qu'on est rentré dans le vin naturel, il n'y a plus de retour en arrière possible. Dès qu'on regoûte un vin conventionnel alors qu'on a commencé à aimer les vins naturels on s'ennuie."
La viticulture conventionnelle standardise le goût ?
Ben tiens.
Quels que soient climat, cépage, terroir, millésime, façons culturales, modes de vinif : tout à le même goût.
Standard quoi.
Non sérieux !?
Et la marmotte elle a quel goût ?
Quelle ineptie.

"C'est plat, c'est standard, ça s'écroule très vite. Les vins naturels peuvent rester ouvert 48h pour certains. Essayez ça avec un vin conventionnel, au bout d'une heure il s'écroule.
Tous les arômes qui sont fabuleux à l'ouverture, parce qu'ils sont artificiels, et vraiment vous avez de la vanille, vous avez du cassis, vous avez de la fraise. Oh, c'est formidable, c'est parfumé mais c'est comme le Coca Cola ça n'a aucun intérêt. Au bout d'une heure tout a disparu, parce que tout est faux."
Ce mec a jamais dégusté. C'est pas possible.
Ou alors c'est super menteur.
Note bien : les deux sont pas incompatibles.
C'est d'un ridicule ...


"Le vin naturel c'est l'inverse, vous l'ouvrez : ah çà pétille un peu, ah c'est un peu réduit. La réduction çà peut être des odeurs un peu désagréables au départ. Vous l'aérez un tout petit peu, çà s'ouvre, le fruit arrive. Et çà évolue, çà évolue, çà évolue au fur et à mesure de la bouteille. Le goût va changer du début à la fin de la bouteille. C'est pas merveilleux ? Ça n'arrivera jamais dans un vin conventionnel. Donc à la fois c'est plus sain et c'est meilleur."
Itae missa est.
Ça n'arrivera jamais avec un vin conventionnel.
J-a-m-a-i-s.
PUISQU'ON VOUS LE DIT !
Ouvrez une bouteille et vérifiez par vous même, je peux pas faire mieux pour vous montrer l'ineptie de cette affirmation.

Au fait, pour ouvrir une bouteille encore faut-il l'avoir achetée :

"COMMENT CHOISIR SA BOUTEILLE ?"


"N'allez pas au Super Marché pour le vin naturel. C'est grotesque. Un vin naturel de supermarché ce n'est pas un vin naturel, c'est un vin de supermarché. Les vins de supermarché sont des vins conventionnels. On va chez un caviste spécialisé. Donc j'insiste : un caviste spécialisé, c'est pas une chaine de cavistes. Une chaine de cavistes vend un catalogue de vins quelconques. Des vins en général qu'on retrouve au supermarché. Dans toutes les villes de France, et bien au delà, il y a des cavistes. Si vous êtes dans un village, une commune où il n'y a pas de caviste de quartier indépendant, vous avez internet.
Il y a de très bons cavistes sur internet.
Si vous êtes pas sûrs, vous avez une application formidable, gratuite, çà s'appelle RAISIN, au singulier, comme un grain de raisin, qui recense la plupart des cavistes, restaurateurs, bistros, caves à vins qui proposent du vin naturel.
Vous pouvez vous faire très plaisir à partir de 7 - 8 - 9 - 10 €. C'est pas les premiers prix on est d'accord.
Parce que c'est impossible de faire un vin naturel à moins de 6 - 7 €. Parce que encore une fois c'est des petites surfaces, 5 - 10 ha maximum, les rendements sont plus petits, il y a plus de risques, c'est du vin sans filet."

Bizarrement, chez RAISIN, ils ont l'air de bien le connaître AIA.

Sinon le concept de "vin sans filet" ça m'aurait intéressé que ce soit développé.
Parce qu'au bout d'un moment, à force de casser les autres, ceux qui sont différent, j'ai envie de savoir de quoi on me cause.
Or cette histoire de "sans filet", là, ben elle m'interpelle ...


"C'est un vin qui n'a pas cette camisole chimique qui est utilisée dans toute la viticulture mondiale. C'est un vin rebelle.
C'est même pas 1% de la production. Il faut encourager ces gens là, ils sont formidables."



"Même pas 1% de la prod" pour un truc qu'on nous annonçait comme : "un mouvement planétaire", y a que moi que çà fait marrer? ou c'est seulement que j'ai des prédispositions à la bonne humeur ?


Soyons clairs : qu'on trouve la démarche sympathique et qu'on souhaite aider ceux qui s'y risquent pourquoi pas ?
Est il, pour ce faire, indispensable de vomir sur tous les autres et d'accumuler autant de poncifs et de mensonges ? Est il à ce point indispensable de jouer les farandoleurs ? les bonimenteurs à la petite semaine ?

Franchement ...
Franchement ?
Franchement j'ai du mal à croire qu'une telle accumulation d'erreurs, de non sens, d'omissions et de mensonges éhontés soit le seul fruit du hasard, de la précipitation, du format de la vidéo ou de je ne sais quelle autre excuses foireuse.
Et ça fait braire.
 



17 commentaires:

  1. Tout a` fait d'accord. Les mecs font du business avec un concept fumeux et mensogner: le vin naturel. Ils racontent n'importqe quoi pour exister. C'est pas des scientifiques.
    C'est dommage car personne ne va contester qu'il y a eu et qu'il y a encore des abus avec la "chimie" dans les vignes.

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    1. Clairement qu'il y a encore de l'abus dans les vignes, mais aussi dans les caves!
      Mdr, et les mecs qui font du vin conventionnel, ne font pas de "Business", eux?!?
      Regardez ce qu'on les vignerons(nes) qui travaillent en "naturel", et ceux qui travaillent en "conventionnel", et on en reparlera...

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    2. Je pense que lorsqu'il évoque le business de certains, Vincent ne pense pas forcément aux vignerons.
      C'est en tous cas ainsi que je le lis.

      Pour le reste nous serons, je pense, d'accord sur le fait qu'il y a en effet du boulot et des questions à se poser.
      Mais sans doute pas comme elles sont posées dans la vidéo qui m'intéressait ici.

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    3. Petite précision pour tous...malheureusement je vais casser le mythe...le vin naturel ñ existe pas...Eh oui naturel veut dire sans intervention humaine...Et comme la nature ne fait pas du vin toute seule...j invite tout ceux qui parle aussi bien de vin de venir une année travailler à la vigne et au chai après on en reparlera..

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  2. Merci André pour ce travail précis et instructif. Je n'ai rien contre le concept de vin naturel, mais je suis, comme vous, toujours médusé par le manque de précision, d'objectivité, et donc de crédibilité de certains de ses plus fervents ambassadeurs. Tellement convaincus qu'ils en arrivent à raconter n'importe quoi. Ou serait-ce une stratégie de communication pour exister aux dépends d'un concept noble dans ses intentions premières ?

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  3. Le problème du vin est effectivement plus complexe que cette courte vidéo!!
    Mais ils y a beaucoup d'abus! Et pas de transparence!
    Effectivement, pourquoi n'y a't'il pas de liste d'ingrédients derrière une blle de vin? Pourquoi n'y a t'il pas les proportions de sulfites, non plus?
    Utilisé ou pas depuis longtemps, qu'est ce que vient faire de la colle de poisson? Qu'est ce que cela change que le vin soit trouble, franchement?
    Être ou paraître...

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    1. Oh oui oui oui ! J'adore l'idée !

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    2. Thomas : Renseignes-toi avant d'écrire sur l'utilité du collage.
      Ensuite ce que voulait dire André, c'est que critiquer une pratique chimique des années 1960-70, alors que c'est une pratique issu du 18eme ou du moyen age montre qu'on ne connait pas le sujet.

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    3. Thomas : Renseignes toi donc sur l'utilité du collage.
      Sinon ce que voulait dire André, c'est que lorsqu'on affirme que le collage (à l'oeuf ou au lait) est une pratique chimique (donc depuis les années 1970) alors que c'est une pratique datant du moyen age ou du 18eme siècle prouve bien qu'on ne maîtrise pas le sujet.
      Dire que la colle se retrouve dans le vin est du même acabit
      Mais comme André je pense que ce n'est que de la comm...

      Le dir comm a bien remarqué la fusion des ecolos et de la france insoumise.
      AIA n'a repris que les codes de leur comm

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  4. Marc, je suis pour ma part convaincu qu'il s'agit d'une stratégie de comm. Selon si l'on est poli ou qu'on l'est moins on dira qu'il s'agit de faire le buzz, ou la putaclic.

    Thomas,
    Pour les sulfites je pensais y avoir répondu dans le billet. Je ne suis pas le législateur et ne sais ce que sont ses raisons et motivations. Pour ma part il me semble que la valeur informative d'un taux de soufre a un moment donné ne m'informe pas dans la mesure ou je n'ai aucun élément me permettant d'évaluer l'évolution de cette teneur jusqu'au moment où je consomme le pinard.
    Idem pour les ingrédients. En résumé : je ne comprends pas la logique qui prévaut lorsque l'on souhaite qu'un ingrédient soit indiqué lorsqu'il a été ajouté et qu'on s'en dispense lorsqu'il est naturellement présent. Quelle serait la valeur informative de ce choix d'affichage !?
    Sur la colle de poisson : j'en parle car elle est évoquée dans la vidéo à laquelle je réponds. Je mentionne son antériorité d'une part pare que ces questions historiques et techniques m'intéressent, d'autre part parce que cela réglé l'habituelle objection du progrès récent et délétère. Ce que ça change ? Pour ma part, dans mes fonctions d'œnologue conseil chaque décision de collage a été précédée d'un essai avec différentes colles à différentes doses. La décision de coller - ou pas - (et si oui avec quelle colle à quelle dose) étant prise apres degustation. Car ça change des choses l'air de rien. Meme sintojt le monde n'y est pas sensible de la même façon.

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    1. Trop menteur le Fufu. Allez, remets moi une dose de bicarbonate et deux seaux de gomme. C'est ma tournée.

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    2. Je veux bien te livrer. Mais faudrait que tu penses à finir de me payer la palette de Roundup transgénique que je t'ai livree le mois dernier ...

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    3. Tu as déjà vu un Auvergnat payer ce qu'il doit ? Et dans les temps de surcroît ? En plus, je ne paie que lorsque j'ai terminé. Or je n'ai pas encore fini de boire la palette. Donc...

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  5. En tout cas, bravo à André pour ce travail de patience mené avec humour pour contrer des mensonges et de l'ignorance. Ces inepties de "naturistes" continuent donc. Une de mes interrogations est que le terme "vin nature" (qui ne signifie rien, nous sommes d'accord) est basé sur une conception erronée de la nature. Est-ce que tout ce qui se trouve dans la nature serait bon pour nous ? Tous les produits de la nature ont-ils bon goût ? C'est donc une absurdité à la base. Et qu'on arrête de créer de clans et des cliques avec des slogans à la con.

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  6. En tout cas, bravo à André pour ce travail de patience mené avec humour pour contrer des mensonges et de l'ignorance. Ces inepties de "naturistes" continuent donc. Une de mes interrogations est que le terme "vin nature" (qui ne signifie rien, nous sommes d'accord) est basé sur une conception erronée de la nature. Est-ce que tout ce qui se trouve dans la nature serait bon pour nous ? Tous les produits de la nature ont-ils bon goût ? C'est donc une absurdité à la base. Et qu'on arrête de créer de clans et des cliques avec des slogans à la con.

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  7. Le problème de cette caricature, c'est qu'elle est tellement énorme que l'on en devient suspicieux.
    très bon article, André, merci

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  8. Ce type ne sait plus quoi faire pour exister médiatiquement...Asséner autant de conneries, biaiser autant les informations pour qu'elle rentrent dans sa démonstration purement idéologique, on dirait du mélenchonisme viticole. Et avec ça, il obtient une audience nationale ! Je ne suis même pas sûr que le vin naturel qu'il défend si mal en sorte gagnant, tant est évident l'agacement que provoque ce genre de diarrhée journalistique à tout professionnel du vin sérieux et honnête.

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