vendredi 15 décembre 2017

Je suis un fantasme


La plateforme blogger a des faiblesses qui m'insupportent (en particulier la mise en page des billets et la gestion des polices) mais il y a toutefois deux ou trois trucs qui fonctionnent.
Par exemple le traçage des visites.

Et là, paf : ce matin si j'en crois mon traqueur j'ai reçu 15 visiteurs venant du blog de Jacques Berthomeau.
Ce n'est pourtant pas l'un de mes fournisseurs officiels.

Bon, 15 y a pas de quoi pavoiser hein ?
Même pour le plus pourri de mes billets.
D'autant que le billet qui suscite cet afflux massif fonctionne plutôt bien sans çà (si on considère qu'un billet qui fonctionne est un billet qui est lu / partagé / commenté ici ou là).

Bref il s'agit d'un billet récent :
Si vous ne l'avez pas lu, ou mal, ou pas récemment : allez y de ce pas. Même Jacques Berthomeau en parle, c'est dire si c'est essentiel.

Si une petite quinzaine de mes lecteurs pouvait se dévouer pour aller y faire un tour, cela me permettrait de ne pas être en compte avec lui.
Je compte sur vous.
Merci d'avance.
(d'autant que si on ne l'aide pas, c'est pas avec un tel sujet - mon immodeste personne - qu'il va exploser les compteurs ...)

Je trouve son titre un peu long, mais tout le monde ne peut pas avoir fait l'école du titre :

"André Fuster, poudres de perlimpinpin en tous genres, s'en branle un peu y boit pas du pinard pour sauver le Monde mais pour y prendre du plaisir"

Pour autant je confirme vigoureusement que d'une part je ne fais pas partie de ceux pour lesquels boire un verre de vin c'est faire la révolution et que, d'autre part, j'essaie habituellement d'apprécier un vin pour le plaisir qu'il m'apporte sans tenir compte des discours que tel ou tel colle sur le vin / son appellation / son mode d'élaboration ou les théories de son géniteur.
La base.

Après aussi c'est long, et surtout un rien embrouillé : même moi j'ai un peu de mal à m'y retrouver entre ce que j'ai écrit, ce qu'il en dit et ce qu'il me fait dire.

Explication de texte :
"J’adore « Dédé la science » y rate pas une occasion de moucher les morveuses et les morveux qui ramènent leur petite science de bobos parisiens ou girondins."


Sur le fond, spas faux : certains des billets dont l'écriture m'a été la plus jubilatoire sont en effet de ceux dans lesquels je joue les Tartarin chasseur d'approximations œnologiques.
Pour autant "morveux", "morveuse", "bobo" (même "girondin" ou, pire, "parisien") ne font pas partie de mon mode argumentatif puisque je m'en prends régulièrement à ce que mes contradicteurs écrivent et non pas à ce qu'ils sont ou à ce que je prétends qu'ils sont.

Dès lors j'aurais aimé que Jacques Berthomeau s'applique la même règle, quand il prétend me répondre.

"Incollable qu’il est le gars sur les produits de collage, avec lui pas de souci, j’ai l’impression de contempler l’armoire à pharmacie de mémé marie : tu acidifies avec de l’acide tartrique ou tu désacidifies avec du carbonate de calcium, du tartrate de potassium ou encore du bicarbonate de potassium…"

Avec tout le respect que je ne dois pas à sa mémé Marie, il me semble que si on veut causer d'un sujet, il est préférable d'en avoir les moyens.
Et d'en connaître au moins les bases.

Sans doute n'est-il pas indispensable d'être en totale maîtrise du Codex Oenologique quand on souhaite s'interroger sur les intrants œnologiques ... mais ça peut aider, par exemple lorsque l'on choisit d'aborder ces produits sous l'angle de ce qu'il font.
Ceci peut permettre d'éviter de taper à côté comme Cathy Lafon puis Jacques Berthomeau le font avec le tartrate de potassium qui ne permet pas de désacidifier un vin mais d'en obtenir la stabilité tartrique.
Ainsi que je le disais dans mon billet initial : ça ne change rien au questionnement que l'on peut avoir sur tel ou tel intrant et son utilisation, en particulier le tartrate de potassium.
Simplement, quand tu causes d'un truc il me semble que le minimum minimorum est de le faire sur la base de sa nature et sa fonction exactes .
Je trouve ridicule une argumentation qui traite d'un sujet en lui attribuant des fonctions qu'il n'a pas.
C'est gênant, en termes de crédibilité.
Serais-je le seul à le penser ?

"Y me fait penser aux fonctionnaires du Ministère, ceux de la protection des végétaux, les vétérinaires-inspecteurs, les contrôleurs de tous poils, qui sont des bibles règlementaires, y peuvent te réciter le 3 paragraphe de l’article 5 tiret 4 modifiant le règlement communautaire n° avec plein de chiffres derrière."

Certes. En tous cas je m'y efforce.
Si je n'ai pas la prétention (ni l'envie) d'être une bible réglementaire, en revanche quand on en vient à la vinification et - en particulier - à la microbiologie du vin j'essaie de me tenir à jour.
Je prends donc cette tirade un peu obscure pour un genre de compliment.
Même si ce n'était peut-être pas sensé en être un !?

"Attention, je ne raille pas, y sont payés pour ça et le Fuster lui aussi pour vendre ses poudres faut bien qu’il sache où il met les pieds."

Voilà, "des poudres".
Du perlimpimpinate de potassium et tout ce genre de choses.
Appelons cela "des poudres", et faisons abstraction de la façon dont ces "poudres" sont connotées.
Je ne fais pas mystère de mon activité professionnelle, ni des savoirs et savoirs faire qu'elle m'a permis d'acquérir tout au long des 20 dernières années.
Je n'en fais pas mystère, ce qui me permet de regretter que Jacques Berthomeau - comme bien d'autres avant lui - vienne me chercher sur le thème de mon activité professionnelle et tente ainsi de s'exonérer de me répondre sur le fond.
"Qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage".

Car en quoi le fait que je "vende des poudres", surtout en "sachant où je mets les pieds" devrait il influer sur la véracité de ce que je dis ?
Est-ce donc si compliqué de commenter et critiquer le fonds de mon propos, pour qu'il faille systématiquement l'éluder et venir nous sortir le couplet "Fuster vend des poudres" !?
Je "vends des poudres" donc j'ai forcément tort, donc il est inutile de me répondre ?
C'est la logique du truc ?
Ben voyons donc ...

"Donc, le Dédé, bordelais type non révisé, du genre à susciter le fameux Bordeaux bashing, est un sachant qui a viré un chouia sa cuti très récemment, normal voilà t’y pas que des Palmer, Latour virent à la biodynamie faut coller à la tendance."

Ça aussi c'est bien casse couilles.
Car c'est bidonné du début à la fin.
Je suis arrivé dans le Médoc le 1er Septembre 2011 (avec la grêle sur le plateau de Cos, y a pas de hasard).
Depuis je suis resté en Gironde où je n'avais auparavant jamais vécu. Je ne suis donc pas bordelais.
Pas même œnologue bordelais, puisque j'ai été formé au Centre d'Oenologie de Toulouse.


Jeanne d'Arc au bûcher (Les Vigiles de Charles VII)
Mais puisque dans le monde fantasmé de Jacques Berthomeau je m'en prends aux morveux, morveuses et autres bobos parisiens, il importe que je sois bordelais.
Sans doute ais je aussi été à l'origine de l'incinération de Jeanne d'Arc et du naufrage du Titanic ?
Sans parler du phylloxéra et de la petite vérole.

Si ce n'est que de mon point de vue, pour le moment c'est moins au naufrage du Titanic qu'au naufrage de la pensée de Jacques Berthomeau que nous assistons.

Car je serais curieux de savoir comment et quand j'ai - comme il le prétend - "récemment viré ma cuti".
Quel est le sens de cette nouvelle invention ? Il y a un truc objectif, avéré qui permet de l'étayer et la qualifier ?
Licence poétique, sans doute.
  
Bien sûr, cet inénarrable donneur de leçon continue ses facéties indignes :

"Un de mes maîtres, grand professeur de Droit, m’avait donné ce conseil pour choper une bonne note : « faites une bonne introduction et une bonne conclusion, entre les deux c’est du remplissage… » Fuster adopte la technique :Il commence par moucher « la petite nana » de Sud-Ouest"

"Il commence par moucher « la petite nana » de Sud-Ouest" !?
Eh, oh : c'est quoi ça ?
« la petite nana » ?
La petite nana, avec des guillemets autour, genre c'est une citation ?
Quel est le besoin de signaler le sexe de l'auteur de l'article ? et de le signaler ainsi.
L'ai-je évoqué ne serait-ce qu'une fois dans mon billet ? m'en suis-je servi comme élément discursif ? Ai-je en quelque façon que ce soit fait la moindre allusion à l'auteur de l'article autrement qu'en la citant et en mettant un lien vers son blog ?
Pas trace de "petite", encore moins de "nana" dans mon billet.
Et aucun sous-entendu merdeux de cet acabit.
Ça sert à quoi ce procédé ? sinon, évidemment, à laisser entendre qu'en plus de vendre des poudres, en plus d'être un bordelais qui à lui seul justifie le Bordeaux Bashing, en plus d'être un type qui traque le bobo (de préférence parisien), en plus de tout çà je suis aussi, forcément, évidemment, un type qui fait des remarques sexistes !?

Le procédé est stupide.
Et indigne.

Après vient un morceau de bravoure qui fait penser que si Jacques Berthomeau n'a pas fait l'école du titre, peut-être a t'il fait celle du cirque :

"Grâce à Dédé vous saurez tout sur tout même ce que c’est que le goût, le sien bien sûr."

Ben oui. En effet.
En même temps c'est mon blog, donc de façon étonnante c'est de mon goût que j'y parle.
C'est le principe du blog non ?
Le plus souvent possible je le fais même en précisant que c'est mon goût (si, si j'insiste) et qu'il ne vaut que pour cette bouteille là, ce jour là, dans ces conditions là.
Ouais : je ne prétends pas à l'universalité. En particulier sur mon blog, là où je cause de mes goûts et dégoûts.
Comme Jacques Berthomeau le fait sur le sien. En toute mauvaise foi.
"J’espère, puisqu’il s’en branle, que ce n’est pas un plaisir solitaire réprouvé par le clergé, mais pour lui la messe est dite : retour à la case départ, il faut se poser les bonnes questions pour y donner de vraies réponses, surtout pas toucher au grisbi."
Ça aussi c'est quand même bien merdeux comme formulation.
Car qu'ais je écrit ?
Ceci :

"Sur ce je vais m'oxygéner en allant boire un joli Jurançon sec dont je ne sais pas s'il est bio ou pas (et dont je causerai peut-être plus tard dans un billet un rien moins énervé mais aussi vachement moins drôle).
Remarque vu qui me l'a vendu, bio peut-être l'est il ?Mais on s'en branle un peu, en fait, car je bois pas du pinard pour sauver le Monde ni pour donner des leçons de philo, seulement pour y prendre du plaisir."

Hors sujet, Jacques Berthomeau.
Hors sujet total.
Ça va devenir une habitude. 

"Ma pomme simple consommateur de vin, je ne vois pas au nom de quoi, dans les vignes, pour produire un objet non alimentaire de pur plaisir, on balance des produits toxiques (tête de mort sur les bidons) qui mettent en danger ceux qui les épandent, s’écoulent dans le sol et la nappe phréatique… Le sieur Fuster n’en vend pas, je crois, mais il s’en branle tout simplement. Ses produits à lui ne sont pas toxiques, ce sont de simples ajouts pour remettre des vins debout, moi ça ne me dérange pas je n’en bois pas (ces vins-là), mais pourquoi ne dit-on pas au cochon de payant, comme sur tous les autres produits alimentaires, ce qu’il y a dans le vin ? L’histoire de la surcharge de la contre-étiquette est une plaisanterie car il existe aujourd’hui des moyens simples pour que le consommateur désireux de s’informer puisse consulter."

Euh ... je ne voudrais pas être désagréable, mais cette tirade est - une fois de plus - en complet hors sujet.
Qu'on ne s'y trompe pas : je ne botte pas en touche ni ne cherche à éluder la question de l'étiquetage des vins.
Simplement la question de l'étiquetage des intrants œnologiques n'est A AUCUN MOMENT abordée dans l'article de Sud-Ouest. Je n'en fais donc, à mon tour, aucune mention dans mon billet.
Je ne refuse pas d'en parler. C'est juste que ce n'est pas le sujet de l'article de Sud-Ouest et vu que - visiblement à la différence de Jacques Berthomeau - je fais en sorte de répondre à ce que disent mes contradicteurs ... le sujet n'étant pas abordé dans son papier, je ne l'aborde pas dans ma réponse.
Me ferait il un autre procès en sorcellerie ?
A-t’il donc si peu à me rétorquer qu'il lui faille à ce point m'inventer un propos qui n'est pas le mien ?

"Conclusion de cette petite passe d’armes girondine : comme le père Fuster va se branler de ce que je viens d’écrire, je jouis, vieux con que je suis !"


Au moins j'aurai servi à ce que Jacques Berthomeau se fasse plaisir devant son écran.
Mais, comme trop souvent dans ce cas là, c'était de toute évidence un plaisir solitaire (et un rien triste), devant une vision fantasmée.


4 commentaires:

  1. T'es vraiment trop mâle blanc hetero souchien, toi

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    1. En outre, je déborde de testostérone.
      Un genre de Tarzan des vignes, enfin des cuves.

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  2. Le donneur de leçons Berthomeau accable de son mépris, de sa malhonnêteté intellectuelle et de ses fautes d'orthographe, tout ce qui ne pense pas comme lui. On existe comme on peut.
    Alain Leygnier.

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